Home Culture Stéphane W. Sanou, ministre burkinabè du Commerce : « Le SIAO 2016 doit...

Vingt-cinq pays africains devraient participer au prochain Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO) qui se tiendra du 28 octobre au 6 novembre prochains.

« Le Burkina Faso revient de loin et le Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO) aussi » puisque la 14ème édition qui devait s’ouvrir le 31 octobre 2014 dût être annulée in extremis en raison des événements. C’est le constat lucide fait par l’actuel ministre burkinabé du  Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Stéphane Wensceslas Sanou, de passage à Paris, pour annoncer la tenue de la prochaine édition du SIAO 2016 qui se déroulera dans la capitale burkinabé du 28 octobre au 6 novembre prochain.

« Nous travaillons pour relever les défis », assure le nouveau ministre en révélant les objectifs que se sont fixés les autorités du Faso pour donner à l’événement une dimension régionale et panafricaine. Avec pour thème cette année « L’artisanat africain, l’entrepreunariat féminin et la protection sociale », le Salon – dont l’invité d’honneur sera le Ghana – veut réunir les représentants d’au moins 25 pays africains et offrir à tous ceux qui voudront y participer quelque 550 stands.

Deux ans après la révolution et la chute de Blaise Compaoré, le Burkina Faso cherche donc à revenir sur le devant de la scène internationale en mettant les bouchées doubles pour relancer un événement qui devienne un rendez-vous international incontournable et donne un coup de fouet salvateur à l’économie du pays qui a encore dû mal à repartir après de longs mois de transition et d’instabilité politique.

« L’artisanat occupe au niveau du Faso 2 millions de personnes et 110 corps de métier pour contribuer à 30 % environ du PNB. C’est un secteur pris en compte et qui se porte de mieux en mieux chaque jour que Dieu fait », se réjouit le ministre en charge de ce secteur porteur. Reste donc à transformer l’essai à l’automne prochain.

Directeur général du SIAO, Dramane Tou veut en effet en faire « le plus grand salon de l’artisanat africain » et – pour atteindre ce but – a donc décidé d’innover en lançant le Pavillon de la créativité, en organisant pour la première fois des rencontres B to B, et une « nuit de l’artisan méritant » et en remattant même un Grand prix du Président du Faso. 

Présidente du Conseil d’administration (PCA) du Salon, Mme Sétou Compaoré a elle aussi quelques idées pour faire de ce Salon « la vitrine de l’artisanat africain », lui assurer une large couverture médiatique et que les Burkinabé puissent en profiter pour faire de l’événement un moment festif et redonner ainsi une image apaisée et dynamique du « Pays des hommes intègres ».

L’ambition de tous est de tourner la page des événements qui, de la chute du président Compaoré à l’attentat de Ouagadougou, ont secoué le pays. « Le terrorisme, c’est du quotidien. On avance avec… Cela ne va pas nous arrêter », assure le ministre Sanou qui veut aussi profiter de ce Salon pour « faire la promotion des produits locaux ».

« Nous sommes confrontés à une menace assymétrique », reconnaît pour sa part le chargé d’affaires burkinabé à Paris, Mamadou Sangaré, mais il faut rester debout et continuer de vivre ».

Photo Vincent Kowalski

Pour en savoir plus sur le Salon et son programme : www.siao.bf