Mgr Paul Ouédraogo est une personnalité religieuse très respectée au Burkina Faso. L’Archevêque métropolitain de Bobo-Dioulasso et président de la Conférence épiscopale Burkina/Niger s’est beaucoup investi au retour à la paix dans son pays après l’insurrection des 30 et 31 octobre qui a emporté le régime de Blaise Compaoré. A la tête de la commission nationale de la réconciliation, son bilan a été fortement mis en cause au lendemain du coup d’Etat du 17 septembre dernier et de la nouvelle crise sociopolitique qui en est découlée. L’homme de Dieu se défend dans cet entretien réalisé par le service de communication de la Conférence Episcopale.  

Dans la crise politique que vient de vivre notre pays, Mgr Paul Ouédraogo Archevêque métropolitain de Bobo-Dioulasso et Président de la Conférence épiscopale Burkina/Niger, a pris une part active aux multiples concertations entreprises en vue du retour à la paix. Celui qui par ailleurs est le Président de la commission nationale de la réconciliation répond sans détours, traçant comme un bilan le déroulement d’une crise qui aura emballé tout un continent.

Excellence, certaines gens pensent que le coup d’Etat a été déclenché à cause du contenu du rapport que la commission nationale de réconciliation a déposé. Qu’en dites-vous, en tant que Président de cette commission ?

Mgr Paul Ouédraogo :
Merci de me donner l’occasion de m’exprimer sur ce que nous vivons actuellement au Burkina Faso. Le 14 septembre dernier, la commission de la réconciliation nationale a en effet déposé son rapport général auprès du premier ministre, comme c’était stipulé dans la loi. Mais pour cela, nous avions eu besoin d’un mois de prolongation, parce que la mise en place du travail a été difficile et que l’organisation a mis du temps. Ainsi, au lieu de rendre le rapport le 13 août, nous devions le rendre le 13 septembre. Vu que ce jour était un dimanche, c’est finalement le lundi 14 septembre que avons rendu le travail.
Le 16 septembre au conseil des ministres, le régiment de sécurité présidentiel (RSP), a fait irruption, et a pris presqu’en otage les membres du gouvernement, le Président et son premier ministre. Puis la situation a évolué jusqu’à ce qu’à travers une déclaration, un organe dénommé le conseil national pour la démocratie, dise assumer désormais l’autorité de l’Etat. Bien sûr, beaucoup se sont empressés de dire que c’est le dépôt du rapport des travaux de la commission nationale de la réconciliation qui a déclenché cette réaction du RSP. Une telle allégation est-elle fondée ou pas ? Pour sûr, parmi les réformes préconisées au niveau institutionnel, le rapport proposait qu’il y ait une réfondation de l’armée et de son commandement. Ceci, parce qu’il y a des dysfonctionnements graves, et pour le bien de la population et de celui de l’armée même, ces dysfonctionnements demandent à être corrigés.
Le rapport des travaux proposait donc que dans le cadre de cette réfondation, il faudrait probablement dissoudre le camp du Régiment de Sécurité Présidentiel (RSP). Et cette proposition demandait que le RSP soit redéployé à des missions autres que celle d’assurer la sécurité du président du Faso. C’est ce que dit le texte de la commission de la réconciliation nationale. En cela, le rapport reprend d’ailleurs une recommandation qui avait été faite en 1999 par le collège des sages, qui demandait déjà que la sécurité du Président du Faso soit assurée par une élite de la gendarmerie et de la police comme cela se fait partout, parce que l’on n’a pas besoin de militaires à cette mission. D’aucuns donc ont pensé que le rapport était l’élément déclencheur du putsch.
Mais cette thèse parait difficile à croire. Quand on pense à la date du dépôt du rapport, et l’organisation rapide du RSP pour mener cette action, on est plus enclin à croire que c’était plutôt une action préparée, réfléchie et que les dispositifs étaient en place.

Qu’est-ce qui vous le fait dire ?
Invités avec d’autres personnes à participer à des rencontres de médiation en cette journée du mardi 16 septembre, nous avons essayé de comprendre en fait qu’est-ce qu’il y avait sur la table comme revendication de la part du RSP. Nous voulions savoir s’il s’agissait de revendications corporatistes qui demandaient qu’on réfléchisse pour trouver des solutions. Mais sur la table, à l’étonnement de la plupart, il y avait le problème de l’exclusion. Les putschistes disaient donc que le processus qui est enclenché va donner force à une fracture sociale importante et grave au niveau du Burkina, et c’est pour juguler cette fracture que le RSP entendait réagir, en empêchant la transition de continuer dans le sens où elle était engagée, puisque le corps électoral avait déjà été convoqué et que la campagne électorale devait commencer le dimanche 20 septembre. De négociations en négociations, nous n’avons pas réussi, à dissuader le Conseil National pour la Démocratie (CND), de se mettre en route et de s’organiser. La réaction de la population a été spontanée. C’est-à-dire que personne au Burkina n’a accepté de marcher dans ce coup de force, pas même l’armée.
En réalité le RSP s’est isolé. A ce niveau, il n’est pas superflu de mentionner que le chef d’état-major à chaque fois qu’il a l’occasion, rappelle que depuis l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, l’armée burkinabè a compris que réellement, elle devait se transformer pour revenir à ses prérogatives régaliennes, celles d’assurer la sécurité des populations et l’intégrité du territoire national. Il y a donc tout un mouvement et un consensus au niveau de la haute hiérarchie militaire, pour que les militaires de plus en plus au Burkina, se retirent du politique pour ne laisser cette activité qu’aux civiles. Il était donc difficile dans ces conditions, -le chef d’état-major l’a dit lors des négociations-, que l’armée, en même temps qu’elle entreprend de se retirer de la sphère politique, prétende décider d’imposer un régime militaire au peuple.
Comment avez-vous donc procédé pour faire comprendre au Général Diendéré, l’incohérence des mobiles du putsch avec les objectifs d’une armée qui ne veut plus se mêler de la politique ?
ce niveau, il est clair que le RSP savait qu’il s’engageait dans une opération difficile parce qu’il ne pouvait pas avoir l’aval de l’armée nationale pour ce coup de force. Je pense que c’est cela qui a compliqué les choses. Ainsi la Communauté internationale, et surtout la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest ont volé rapidement à notre secours pour essayer de voir comment on pouvait gérer au mieux la question. Les projets d’accord ont été donnés.
Dans ces négociations, je dirai que parce que le RSP était en position de force au point de départ, les négociations ont pris beaucoup de temps. Le Président Yayi Boni du Bénin au bout de 48 heures a dû rentrer chez lui parce qu’il avait des urgences. Le Président Macky Sall a dû prolonger son séjour au Burkina pour que nous puissions sortir de cette crise. Et pendant ces 72h, les séances de travail ont été difficiles entre l’écoute des différentes factions de la population, les partis politiques, la société civile, les syndicats.
Les rencontres du Général Diendiéré avec le RPS ont pris beaucoup de temps. Nous avons mis également du temps pour nous entendre avec le Général Diendéré sur un certain nombre de choses. La conséquence est que lorsque les médiateurs ont rencontré le président KAFANDO, il n’a eu droit qu’à recevoir d’eux la copie rédigée et corrigée avec les suggestions des uns et des autres, juste avant de le lire à l’ensemble de la population. Et c’est le lendemain lundi 21, que le texte était disponible, puisqu’il a été imprimé tard le soir, juste avant la cérémonie de clôture à la fin de laquelle le Président Macky SALL a repris son avion pour regagner son pays.

Un des points d’achoppement dans les concertations était la question de l’exclusion que défendait farouchement le CND. L’argument tenait-il vraiment ?
A propos de la question de l’exclusion, je n’aime pas personnellement beaucoup ce mot. C’est un des mots pièges à travers lesquels souvent, une minorité peut jouer à la victimisation et soulever des problèmes qui n’en sont pas. Tous les codes électoraux se prononcent sur des éligibilités et des inéligibilités. Il n’y a aucun code électoral qui n’ait pas de disposition d’inéligibilité. Le Burkina a eu son code d’inéligibilité, où il a défini comme étant inéligibles les personnes qui ont soutenu de façon manifeste la modification de l’article 37 lors du régime du Président COMPAORE. Il est vrai que juridiquement, on ne voit pas très bien ce que c’est que « soutenir ouvertement ».
Je comprends très bien que la cours de la CEDEAO ait levé les bras au ciel, en demandant au conseil constitutionnel comment il allait pouvoir mettre en application ces expressions qui ne sont pas d’ordre juridique. La CEDEAO craignait le risque d’une application massive d’un tel code, qui peut mettre le pays plus en difficulté qu’il n’apportait des solutions. Mais en face, le conseil constitutionnel savait de quoi il relevait. Ainsi a-t-il défini comme étant des attitudes ou comportements de soutien, -refusés par la réaction populaire des 30/31 octobre-, ceux qui de par leur position ou de par leur responsabilité ont posé des actes dans ce cadre. Il ne s’agissait pas d’essayer de cibler tous ceux qui ont participé à des meetings, à des marches ou à des contremarches. Le code a décidé que les membres du dernier gouvernement du Président Blaise COMPAORE qui ont adopté le projet de loi de la modification de l’article 37 pour le transmettre à l’assemblée nationale, ne sont pas éligibles. Ensuite ceux qui à l’époque étaient dans le parlement et se trouvaient dans le camp de ceux qui coûte que coûte voulaient la modification de l’article 37, qui ont même été hébergés à l’hôtel près de l’assemblée nationale pour procéder à ce vote, ceux-là également ont été déclarés inéligibles à cause de ces actes posés. Il faut s’en tenir à ce que le conseil constitutionnel a disposé.
C’est vrai que l’on peut en discuter, mais quelquefois, il y a des solidarités qui se cachent derrière le mot exclusion et dont je ne voudrais pas parler. La preuve est que les candidats de l’ancienne majorité qui ont été déclarés inéligibles, ont refusé la décision du constitutionnel, dans leur première réaction, menaçant pour certains qu’il n’y aurait pas d’élection au Burkina. Mais ils ont été interpelés d’abord par leurs propres militants qui leur ont fait comprendre la maladresse de leurs propos. En effet dans les déclarations qui ont suivi la décision d’inéligibilité émise par le Conseil constitutionnel, ces candidats voulaient-ils signifier qu’en dehors d’eux il n’y a pas d’autres qui soient capables d’assumer ces responsabilités dans leur parti ? Voulaient-ils dire qu’en dehors d’eux les autres membres du parti restent incapables de porter les aspirations du parti dans une compétition électorale ? Je comprends que la sagesse ait prévalu. Les partis dont les candidats ont été déclarés inéligibles ont entendu raison et donc ont procédé à leur remplacement par d’autres candidats et sont partants pour les élections. Il n’y a donc pas d’exclusion, puisqu’ils sont partants pour les législatives. Mais au niveau des présidentiels, la candidature est personnelle même si l’on est porté par un parti. Là encore des inéligibilités ont été prononcées. La sagesse aidant, les concernés ont fini par accepter la décision du conseil constitutionnel et comme ils l’ont dit eux-mêmes, « pour le bien du peuple ». Tout semblait être bien parti.
Ce qui est surprenant donc, est que le RSP, vienne par la force et de très mauvaise manière, prendre en otage un conseil des ministres, une première au Burkina malgré ce que nous avons connu comme coups d’Etat. C’est la première fois qu’un coup d’Etat prend des allures de terrorisme et c’est très dommage. En plus, ce coup arrive à un moment où il n’y a pas de problème. En invoquant le problème de l’exclusion, les putschistes viennent pour défendre des personnes qui ont fini par se ranger derrière le conseil constitutionnel. Les putschistes ne forment pas un parti politique, et ils n’ont pas de candidats. Ils ne sont donc pas concernés par le coup de force qu’ils ont opéré. J’ose espérer encore que ce n’est pas un coup de force commandité ! Ce qui est sûr il est arrivé à un très mauvais moment et dans des circonstances pas heureuses.

Pourquoi insinuiez-vous l’hypothèse d’un coup de force commandité ?
On est tenté d’y croire, pour la simple raison que si les putschistes réclamaient des revendications corporatistes, parce qu’ils se sentaient brimés pour ceci ou pour cela, l’opinion aurait pu essayer de comprendre. Mais les putschistes parlent de l’exclusion et ce n’est pas leur corps qui est concerné. Pendant ce temps, la réaction de certains de l’ex majorité a consisté à saluer ce coup de force comme pouvant donner une chance pour la démocratie, alors que la société civile burkinabè dans son ensemble, a récusé cette manière de procéder. Même pour défendre l’exclusion, on n’avait pas besoin de l’arme de la violence. D’aucuns arguent donc qu’on est en droit de penser que le coup a été commandité. Mais s’il s’avérait qu’effectivement l’ancienne majorité détient les manettes de ce coup, elle sera emmenée à assumer. Si c’est le RSP qui a pris sur lui de rendre ce service à l’ex majorité, il lui aura rendu un très mauvais service.

Beaucoup disent que la révolte du peuple s’est faite plus vive après la publication des conclusions de la médiation de la CEDEAO, et que la médiation à l’interne semble avoir fait plus d’effet, êtes-vous de cet avis ?
Disons que les deux démarches ont tous porté le fruit escompté de la réconciliation. C’est vrai qu’après les premières conclusions tirées de la médiation des Chefs d’Etat, la résistance populaire s’est vite organisée, parce que ces conclusions n’allaient pas dans le sens des attentes du peuple. C’est ainsi que l’armée à un moment donné, a compris qu’elle devait prendre ses responsabilités vu qu’elle n’était pas partante pour ce coup de force. Il était manifeste que les autres unités à travers le pays n’ont pas été consultées. Il y a eu donc cette réaction à la fois militaire et civile. La tension est montée et a conduit le pays à deux doigt de l’affrontement entre les forces putschistes et le reste de l’armée nationale. Dieu merci, la sagesse a prévalu et grâce aux médiations des uns et des autres, le mercure est redescendu. Le RSP et l’armée régulière se sont retrouvés chez le Mogho Naba et se sont entendus. Un pacte de non-agression s’est conclu entre eux. Actuellement, ils doivent être en train de faire l’inventaire de l’armement qui est dans le camp du RSP. Après cela, il appartient aux autorités de la transition de voir ce qui va être trouvé comme solution consensuelle.

Depuis les évènements de février 2011 et même avant, le peuple burkinabè entretenait comme un désamour envers son armée. Peut-on dire qu’avec ce putsch, l’armée et le peuple se sont réconciliés ?
La « bagarre » comme expliquent les putschistes, est partie pour éviter l’exclusion et donc la fracture sociale qui était en train de se dessiner. A cause de la réaction nationale et internationale, on a le sentiment que la situation a plus rendu service à l’unité nationale parce qu’en définitive on constate que tout le monde s’est soudé et l’armée régulière est restée derrière son peuple. Puis le RSP a fini par regretter ce qu’il a posé comme acte. C’est du gagné. Nous sommes maintenant tous d’accord que ce n’était pas à faire, et le Général DIENDIERE lui-même a confessé ne plus vouloir en parler et qu’il regrette, vu tous les dégâts en termes de blessés, et de vies humaines perdues. C’est le même sentiment qui anime aujourd’hui le RSP qui dans son ensemble reconnait que c’est quelque chose à ne pas faire. Dans l’unité retrouvée, il reste à négocier des accords avec à la fois la dimension de justice et de pardon, et je pense que le Burkina peut repartir en regardant l’avenir avec un peu plus de sérénité.

Quel rôle peut ou doit jouer l’Eglise dans de pareilles crises ?
Nous concernant, nous entendons résonner Africae Munus, l’exhortation post synodale du Pape Benoit XVI, donnée à Cotonou lors de sa visite pastorale en Afrique, au sujet de l’engagement des chrétiens à la suite du Christ aujourd’hui. Elle interpelle sûrement l’Eglise dans le service qu’elle doit rendre à la nation, en matière de réconciliation, de justice de paix et de pardon. Les pasteurs doivent donc comprendre que leur rôle est d’aider les populations, aussi bien les gouvernés que les gouvernants, à gérer réellement la vie des peuples et des nations selon les voies de vérité, de justice et de réconciliation.
La gouvernance en Afrique a beaucoup de blessures. Que ce soit la gouvernance politique, la gouvernance sociale, la gouvernance économique, institutionnelle et même environnementale, il y a beaucoup de problèmes et l’Afrique, a des progrès à faire. C’est donc le devoir de l’Eglise, de ses pasteurs unis à leurs peuples, de participer à la construction de ce continent, ainsi qu’à l’assainissement de cette gouvernance.
Prêter le concours partout où le dialogue est possible est le rôle de l’Eglise et de ses pasteurs en particulier. Ceci dit, notre avantage au Burkina est d’avoir cette unité d’action entre confessions religieuses et communautés coutumières. Elle est quelque chose à la fois informel et formel, mais qui ne rentre pas dans les institutions étatiques. Nous agissons comme force morale, avec la chefferie traditionnelle organisée autour du Mogho Naba, la communauté musulmane, protestante et catholique qui ont pris l’habitude de se concerter autant que possible pour avoir des actions communes et participer de façon commune à des concertations ou à des lieux de dialogue.
Dans les événements qui viennent de se produire, nous avons pu intervenir à divers nouveaux pour essayer d’apaiser la situation et aider les voies de la sagesse et de la retenue à prendre le dessus. Toutes les communautés ont appelé à la prière, parce que comme croyants, nous savons que la paix nous vient de Dieu qui agit dans les cœurs. C’est en définitive Lui qui sait ramollir les cœurs pour que le dialogue l’emporte sur la violence dans la recherche des solutions des problèmes.

Dans cette crise, on constate malheureusement que des chrétiens se sont négativement illustrés. Ce fait n’interpelle-t-il pas sur le comportement des chrétiens laïcs en politique ?
A l’ occasion des campagnes qui allaient s’ouvrir, nous avons livré un message à l’endroit du peuple chrétien et des hommes de bonne volonté. Nous avons rappelé que l’engagement du chrétien laïc en politique est une forme suprême de charité. Nous invitions spécialement les chrétiens à prendre leur responsabilité comme chrétiens, en leur donnant également des repères. En politique il faut avoir le courage de la vérité, le courage de la justice, le courage de la paix. Si on veut s’engager en politique ce devra être pour ces causes-là.
Ce à quoi nous pasteurs invitons les chrétiens, c’est qu’ils acceptent de se convertir et qu’ils reconnaissent que la politique ne leur demande pas de renier leur foi chrétienne. Au contraire, leur foi chrétienne les oblige à mettre le meilleur d’eux-mêmes au service de leurs peuples et au service de leurs frères et sœurs. Mais puisque « le cœur humain est compliqué et malade » le cœur aura toujours besoin de conversion, ce que le chrétien en politique doit comprendre et rechercher au quotidien.
L’autorité est d’abord service, elle n’est pas une question de puissance économique ou de richesse, et Jésus-Christ compte sur tous ses disciples pour qu’ils conçoivent leur autorité comme étant un service au bénéfice de leurs frères et sœurs. C’est ce qui doit être mis en pratique en politique. En définitive on demande aux chrétiens de ne jamais oublier que Jésus Christ leur demande de se mettre au service de leur peuple, en donnant le meilleur d’eux-mêmes en matière d’honnêteté, de vérité, de compétence. Mais parce que quelquefois les intérêts individuels ou de groupe viennent s’interposer, les chrétiens ont tendance à étouffer la parole de Dieu qui leur demande d’aller sur les chemins de l’amour fraternel.
Saint Jean-Paul II disait que, le fait que le mensonge compagnonne avec la politique, n’est pas une raison suffisante pour que le chrétien s’abstienne de s’y engager. Si le chrétien attend que le domaine politique soit assaini avant de s’y engager, sur qui compte-t-il pour cet assainissement ? Les chrétiens doivent s’engager en politique pour rendre service surtout aux plus démunis, aux plus vulnérables. Ceux qui en ont le charisme doivent donc descendre dans l’arène politique, mais toujours pour respecter ce qui est fondamental, la vérité, la justice, le pardon et surtout une gouvernance économique, sociale, politique, environnementale qui fait le développement intégral de nos peuples.

Interview. réalisée par Abbé Joseph Kinda 
Com. Conférence Episcopale.

De la prise d’otage la veille, à la proclamation de prise de pouvoir du Conseil national pour la démocratie (CND) le 17 septembre 2015, le Burkina Faso, comme lui seul sait le faire, est à nouveau en moins d’un an sous les feux de la rampe. Conséquence, la Cédéao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), dont les autorités de la Transition avaient méprisé l’arrêt de la Cour de justice, fut à nouveau sollicitée pour trouver une solution à la crise.

Retrospective 

Sans rancune, l’institution régionale dépêcha les présidents Macky Sall du sénégal (président en exercice de l’institution) et Yayi Boni du Bénin (nommé médiateur par la Cédéao) au chevet du pays des Hommes intègres. A l’issue de trois jours d’intenses concertations une série de propositions est faite aux protagonistes de la crise sociopolitique. Elle se résume, entre autres, en « un retour à l’ordre constitutionnel, la réinstallation du président Michel Kafando à la tête de la Transition, la tenue du scrutin présidentiel et législatif le 11 octobre 2015, la libération de toutes les personnalités détenues, la garantie de sécurité pour les dirigeants actuels du RSP,
 l’arrêt immédiat des violences contre les civils,
 la dissolution du RSP, le retrait de tous les militaires de la Transition, la participation de tous ceux qui le désirent aux élections présidentielles, législatives et municipales ».

Mieux les chefs d’Etat et de Gouvernement de l’institution régionale ont mis les Burkinabè face à leurs responsabilités à l’issue de leur sommet extraordinaire d’Abuja tenu le 22 septembre. En décidant de ne pas décider fermement, les présidents des pays membres de la Cédéao ont signifié clairement aux protagonistes de la crise sociopolitique actuelle que le dernier mot leur revient. La grand-messe de ce 23 septembre 2015, qui a vu la présence de nombreux présidents de la communauté à Ouagadougou n’est que l’instance d’adoubement mais pas de décision.

C’est pourquoi, contre mauvaise fortune, les responsables de « l’aile dure » de la Transition doivent faire bon cœur car en réalité ce putsch du RSP (Régiment de sécurité présidentielle) vient sauver la situation au prochain président qui sera issu des urnes.

De la dissolution du RSP…à l’inclusion ou l’exclusion des candidats pro-Compaoré

D’abord sur le RSP lui-même. Il est maintenant avéré et de façon éclatante à la face des Burkinabè qui en doutaient encore et du monde entier que tant que cette institution d’élite de l’armée burkinabè sera mitoyenne à la présidence, de surcroit en charge de la sécurité du locataire des lieux, il lui sera loisible de venir interrompre le bail de celui-ci comme bon lui semble. Du reste, au nombre des propositions figurent en bonne place sa dissolution même si les responsables actuels de ce corps demandent à ce que ce soit fait par le futur chef de l’Etat. Bref ce n’est plus le principe de sa dissolution qui est mis en cause mais plutôt le timing.

Ensuite, en décidant d’exclure pour les élections à venir « toutes les personnes ayant soutenu un changement anticonstitutionnel qui porte atteinte aux principes de l’alternance démocratique, notamment au principe de la limitation du nombre de mandats présidentiels ayant conduit  à une insurrection ou à tout autre forme de soulèvement », la Transition avait en réalité créé les conditions d’une instabilité chronique au futur président du Faso. Il allait passer le plus clair de son temps a « mâter » de l’opposant voire à gérer des soubresauts ou de l’agitation sociopolitique qu’à se consacrer à la mise en œuvre de son projet de société. Les exclus allaient, à coup sûr, lui « pourrir l’atmosphère sociale». Le faire passer pour un dirigeant inapte à diriger, et le faire apparaitre comme un dictateur prompt à « croquer de l’opposant ». Ils en ont les moyens et connaissent les méthodes pour arriver à leur faim au vue de leur longue expérience dans la gestion du pouvoir d’Etat.

« Last but not the least »

En faisant ce putsch, le RSP permet à la classe politique et au Burkinabè de repartir sur des bases saines à travers des élections apaisées, consensuelles et inclusives mais surtout de saisir cette nouvelle opportunité pour faire une sincère catharsis qui va congédier les vieux démons pour longtemps. C’est à ce moment qu’une structure telle que la Commission « Vérité- Justice-Réconciliation » aura tout son sens.

En effet un pays qui ne solde pas son passif de violence politique triche avec lui-même et ne pourra se réconcilier véritablement. C’est un principe universel. Tôt ou tard, il faut y revenir. La preuve, malgré l’inflation institutionnelle que connaissait le Burkina Faso, malgré les cérémonies dites de réconciliation et d’hommage, malgré les mesures de réparations et de compensations financières, malgré les demandes de pardon sans vérité, malgré l’érection de places et de monuments à la gloire des héros et martyrs, l’on en est à une insurrection menée par la jeunesse en octobre 2014. Et l’on assistait à la répétition des mêmes erreurs du  régime précédent par la Transition. A savoir, imposer sa volonté en se drapant de textes législatifs douteux ou taillés sur mesure. Que cela n’en déplaise à ceux qui étaient aux affaires hier. Résultat des courses, un coup d’Etat.

Les dirigeants burbinabè doivent s’accorder sur le modus vivendi de la Cédéao

En tous les cas, le Burkina est à la croisée des chemins. Si nos dirigeants (acteurs politiques, société civile, militaires et agitateurs de tout poil) veulent nous sauver, qu’ils s’accordent sur ce modus vivendi de la Cédéao. Faute de quoi, le Burkina va le payer au prix fort. C’est-à-dire, terminer l’année dans la douleur et les larmes. Et sans passion, ni haine, ni peur trouvez un compromis historique qui va mettre le peuple burkinabè à l’abri, pour de vrai, des ambitions personnelles et de la vengeance. En somme, il faut rendre ce pays vraiment démocratique en prenant le temps qu’il faut pour écrire des textes historiques et non un conglomérat législatif concocté à la va vite, contestable par le premier venu, à commencer par les juristes eux-mêmes. L’Armée pour sa part, a déjà donné le ton en parvenant à un accord, sous l’œil impérial du Moro Naba Baongho. Ce qui a permis  aux loyalistes de replier de cinquante kilomètres de Ouagadougou afin de permettre aux mutins du RSP de regagner leur caserne. Comme si elle avait fait sienne cette supplique des Archevêques et Evêques du Burkina : «la sagesse doit prendre le pas sur les ambitions personnelles». Nous vous regardons Mesdames et Messieurs de la scène politique nationale. Le Burkina doit survivre de ses contradictions et querelles internes.

Il ne s’est pas beaucoup exprimé depuis le début du putsch. Aujourd’hui, Roch Marc Christian Kaboré sort de sa réserve. Le candidat du MPP – le Mouvement du Peuple pour le Progrès – est l’un des favoris de la présidentielle à venir. En ligne de Ouagadougou, l’ancien président de l’Assemblée nationale burkinabé répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

RFI : Quand le général Gilbert Diendéré déclare « Nous regrettons d’avoir fait ce putsch ». Comment réagissez-vous ?

Roch Marc Christian Kaboré :

Il est tout à fait normal qu’il y ait un regret compte tenu de la condamnation au plan international et national qui est intervenue après ce putsch.

Ce sursaut de l’armée régulière contre les putschistes, est-ce que cela n’a pas été une surprise pour vous ?

Ça n’a pas été du tout une surprise parce que, face à la montée de l’opposition du peuple burkinabè, il était tout à fait normal que l’armée régulière se mette également dans la danse. Et cela a permis effectivement de rechercher avec la Cédéao les solutions qui nous permettent aujourd’hui non seulement de réinstaller la transition, dans tous ses organes, et également de faire en sorte d’engager un dialogue national sur les points qui sont les points de préoccupations ou des désaccords entre la classe politique.

Vous parlez du rôle de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) dans cette crise. Beaucoup de vos compatriotes ont été déçus le week-end dernier (19-20 septembre) par les propositions du médiateur sénégalais, Macky Sall, qui leur paraissaient trop favorables aux putschistes ?

Il y a deux points qui étaient des points d’enjeux majeurs. Le premier point, il y avait désaccord dès qu’on nous parle d’une loi d’exclusion, alors qu’il n’y a jamais eu de loi d’exclusion au Burkina Faso. Une loi a été prise par le CNT [Conseil national de transition] qui sanctionne toute personne ayant participé à ce qu’ il y ait la modification de l’article 37 [NDLR: article 37 de la Constitution, qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels], soit parce qu’il était MEMBRE DU GOUVERNEMENT, soit parce qu’il était membre du Parlement au moment des faits. Donc je considère que le parti de la majorité, en insistant pour mettre ces personnes qui sont concernées, ont voulu défier la loi. Il leur était loisible de choisir d’autres candidats que les candidats qu’ils ont proposés.

Et le deuxième point ?

C’était l’amnistie pour les putschistes. Et à ce niveau, notre réponse également était claire. Nous trouvions qu’il était déjà même inopportun, alors que les morts n’ont pas encore été enterrés, de commencer à parler d’amnistie. Et nous avons dit que nous ne pouvions pas enjamber les cadavres pour signer un accord politique. Il faut quand même qu’il y ait la justice qui soit rendue en ce qui concerne le coup d’Etat.

Alors aujourd’hui sur le point de l’inclusion éventuelle des pro-Compaoré, qu’est-ce que vous proposez ?

Nous rentrons dans une zone de concertations et je ne voudrais pas comme on dit chez nous régulièrement « Devancer l’iguane dans l’eau », mais je voudrais simplement dire que probablement si nous nous asseyons autour d’une table, certainement que nous trouverons des solutions pour avancer sur ce point en particulier.

Et sur la question de l’amnistie, certains évoquent une amnistie ciblée. C’est le cas de Ablassé Ouédraogo, également candidat à la présidentielle ?

Ciblée ou pas. Pour nous, nous pensons tout simplement que ce qui est important aujourd’hui, c’est d’abord conformément à ce que la Cédéao a demandé que évidemment au niveau du RSP [Régiment de sécurité présidentielle], les armes soient déposées. Deuxièmement, nous considérons que l’armée républicaine doit prendre toutes les dispositions pour sécuriser les militaires du RSP et de leurs familles. Ce sont les premières mesures qui me semblent les plus urgentes. Après nous discuterons du reste. Mais ce que je dis simplement, nous ne pouvons pas laisser impunis les morts qu’il y a eus.

Est-ce qu’il faut démanteler le RSP ?

J’estime, qu’aujourd’hui après le coup d’Etat, nous devons pouvoir tourner la page du RSP.

Et ce démantèlement du RSP, faut-il le faire dès maintenant ou après l’élection présidentielle ?

Le plus tôt serait le mieux.

La présidentielle était prévue le 11 octobre. Est-ce qu’on peut la tenir d’ici la fin de l’année aujourd’hui ?

Il est impératif qu’on la tienne avant la fin de l’année. Si les problèmes majeurs sont résolus, le souhait en ce qui concerne en tout cas notre parti, c’est que ces élections se tiennent au cours du mois de novembre. Je crois que cela est impératif.

Après une semaine de putsch, est-ce qu’on revient à la case départ ou est-ce qu’il y a quelque chose de changé ?

Ce putsch a permis au peuple burkinabè de prendre conscience que la démocratie est un combat permanent.

Pensez-vous comme beaucoup de vos compatriotes que derrière Gilbert Diendéré, il y avait Blaise Compaoré ces huit derniers jours ?

Je n’ai pas l’état de fait. Mais ce qu’on peut dire déjà, c’est que derrière le RSP, il y avait le Congrès pour la démocratie et le progrès. A ce qu’on sache que le RSP n’est pas un parti politique et n’avait pas de candidat. Donc il n’y avait même pas de raison qu’ils s’immiscent dans la vie politique en ce qui concerne les questions soi-disant d’exclusion ou de ceci-cela. Et c’est pourquoi qu’on est censé penser que évidemment le maître à penser du Congrès pour la démocratie et le progrès ne peut pas dire qu’il n’est pas informé ou qu’il n’est pas au courant de cet état de fait.

Vous qui connaissez bien les deux hommes, vous pensez qu’il y avait complicité ces derniers jours, entre Gilbert Diendéré et Blaise Compaoré ?

En tout cas, je dis simplement que le CDP étant dans la complexité, son mentor ne peut pas être en dehors.

Est-ce que la Côte d’Ivoire a joué un rôle positif ou négatif depuis le début de ce coup d’Etat ?

Je ne peux pas dire si elle a joué un rôle positif ou négatif, je dirais simplement que nous n’avons pas beaucoup constaté la présence à nos côtés pour la solution de ces problèmes. Mais en tout état de cause, ils ont apporté une contribution probablement à la conférence des chefs d’Etat et pour apporter également leur pierre à une solution équitable, efficace pour la paix au Burkina Faso.

Et la France, a-t-elle joué un rôle dans la résolution de la crise ?

La France a une position assez catégorique sur la création du putsch et sur la nécessité de rétablir la transition.

(Source RFI)

Le général Emmanuel Beth a été ambassadeur de France au Burkina Faso de septembre 2010 à septembre 2013. En cette période électorale troublée, il nous parle des priorités pour le Burkina.

La Voix du Faso :

Un an après la chute de Blaise Compaoré, le Burkina Faso connaît de nouveaux troubles qui risquent de compromettre la transition et les élections initialement prévues le 11 octobre…                                                                                                                                                

Le général Emmanuel Beth.  

La situation actuelle au Burkina démontre une nouvelle fois qu’en politique on ne peut faire d’impasse sur l’essentiel : l’accès de tous (candidats et électeurs) aux élections qui tracent l’avenir du pays. J’espère de tout cœur qu’une nouvelle fois les différentes composantes du pays, y compris les militaires, arriveront à s’entendre et à trouver une porte de sortie à l’impasse actuelle.

Comment le Burkina peut-il retrouver la paix sociale et institutionnelle ?
Le Burkina ne peut retrouver sa stabilité et surtout sa dynamique, économique qu’en revenant à ses fondamentaux qui font la richesse de ce pays. C’est d’abord sa ressource humaine, avec beaucoup de cadres de qualité, et sa capacité à faire vivre ensemble des religions, des politiques et des ethnies différentes. Dans beaucoup de pays d’Afrique, ces questions sont essentielles et parfois difficiles alors qu’au Burkina aujourd’hui ces questions ne sont absolument pas conflictuelles. Et je dirai : pourvu que ça dure ! Il ne sert à rien de s’éterniser dans des divisions stupides sur le rôle de tel ou tel par le passé : il faut construire le Burkina de demain.

Quelles sont les priorités du pays pour s’en sortir ?
Le pays est en léthargie totale depuis six mois. La priorité, c’est le traitement de la formation et du chômage pour les jeunes car 50% des Burnikabè ont moins de 16 ans. Voilà la véritable richesse du Burkina. Il faut offrir à tous ces jeunes des perspectives d’avenir : une formation professionnelle et des perspectives d’emploi avec la mise en place d’outils de transformation, de création de valeur ajoutée locale, d’industrialisation de l’agriculture peut-être, etc. La priorité, c’est donc l’éducation. C’est également de continuer tout ce qui a été fait en matière de santé et Dieu sait que beaucoup a été fait, mais il y a encore beaucoup à faire…

Comment qualifier la période de transition du président Michel Kafando ?
Je distinguerai deux phases : 1/ Durant les six premiers mois, cette période de transition a bien démontré la capacité des Burkinabè à trouver des solutions aux difficultés et à privilégier une sortie de crise positive. Ils ont trouvé une solution, qui est la leur, évitant au pays de tomber dans le chaos. Le gouvernement de transition a fait ce qu’il fallait. 2/ La deuxième phase, ces derniers mois, montre malheureusement que l’on est tombé dans des visions plus radicales et plus simplistes. L’exemple le plus probant, c’est la loi électorale. Je regrette que cette loi n’ait pas été inclusive car, en démocratie, tout le monde a le droit de voter pour qui il veut. La Cour de Justice de la CEDEAO l’avait d’ailleurs rejetée le 13 juillet en appelant à une révision de cette loi électorale, ce qui n’a pas été le cas… On est retombé dans des considérations politiciennes, c’est dommage car ce n’est pas la culture burkinabè.

Les événements de Ouagadougou des 30 et 31 octobre 2014 n’ont-ils pas changé la donne pour toute l’Afrique où de nombreuses élections sont prévues d’ici à 2018 ?
C’est pour l’Afrique une période très sensible puisque des présidentielles sont encore attendues dans plus d’une trentaine de pays. Le phénomène Compaoré aura fait réfléchir un grand nombre d’interlocuteurs. De là à ce que les événements du Burkina précipitent l’alternance politique dans toutes ces contrées, je n’en suis pas sûr. Chacun est maître de son destin. Mais la façon dont vont se dérouler les prochaines élections au Burkina sera un excellent test.

Que peut-on attendre de ce double scrutin présidentiel et législatif ?
On peut d’abord déplorer que tous ne soient pas sur la ligne de départ. A partir du moment où les partis politiques ont fait preuve d’une certaine sagesse, il n’y a pas de raison en revanche que le scrutin en lui-même se passe mal., si la situation est bien sûr stabilisée d’ici là. Avec un premier tour de la présidentielle, qui sélectionnera les deux meilleurs, et un second tour qui sera le résultat d’alliances à construire.

Quelles devront être les priorités du nouveau président élu ?
Ses priorités devraient être – je le répète – le développement, l’éducation, la santé, la justice, la sécurité et l’agriculture avec la sécurité alimentaire. Le secteur minier, qui est aujourd’hui la première source de devises du pays, se développant par lui-même et fluctuant au gré du contexte international. Mais il faudra surtout que le président nouvellement élu privilégie d’abord l’unité et la cohésion du pays, sans vouloir revenir au passé et procéder à des règlements de comptes. Il devra avoir une vision d’avenir pour reconstruire le pays dans l’unité, quel que soit ce qui s’est passé depuis près d’un an. Sinon on vivra d’autres 30 octobre, ce qui n’est souhaitable pour personne. Le nouveau chef de l’Etat se devra également de rappeler l’ensemble des « corps habillés » à leur mission essentielle qui est la sécurité du pays.

C’est-à-dire faire rentrer les militaires dans leurs casernes ?
Ils y sont déjà, mais pas tous. Il faut que l’ensemble des responsables de ces différents corps se tournent vers la reconstruction du Burkina qui doit être leur seule priorité. Les militaires ayant joué un rôle pendant la transition, il faut maintenant qu’ils passent la main.

« Si la transition échoue, personne n’échappera à la violence ! », avait d’ailleurs prévenu le cardinal Philippe Ouédraogo, archevêque de Ouagadougou. Que pensez-vous de cette mise en garde ?
C’est une personnalité d’exception, que je connais personnellement et pour laquelle j’ai une grande admiration. Il a parfaitement raison. Force est de constater qu’au Burkina ces questions religieuses sont traitées dans le cadre d’une certaine harmonie et cohésion nationale largement supérieures à ce que l’on peut voir ailleurs. La conférence épiscopale a d’ailleurs encouragé, dans un long message le 6 septembre, les citoyens à accomplir leur devoir électoral, en appelant au « bien commun » et au respect de tous.

Que signifie cette notion de « bien commun » ?
La recherche du « bien commun » suppose la fin de certaines méthodes de fonctionnement, comme l’affairisme et la corruption, qui sont contraires à la capacité d’émergence d’un pays. Privilégier le bien commun me semble plus adapté que de parler de « gouvernance ». C’est placer l’intérêt du pays au-dessus des intérêts particuliers.

Des poursuites doivent-elles être engagées contre l’ex-président Compaoré ?
Je fais partie des gens qui pensent que cela fait partie des règlements de comptes du passé et que c’est une absurdité ! Ce n’est pas comme cela que l’on reconstruira le Burkina demain. Quel que soit le bon et le mauvais que l’on puisse lui attribuer, le président Compaoré a quand même œuvré de nombreuses années utilement pour son pays. On l’oublie trop souvent.

Que peut faire la France pour le Burkina ?
La France devra prendre en compte la nouvelle situation issue des urnes et affiner sa relation avec les nouvelles autorités pour continuer d’être un partenaire de son développement économique. Les grands dossiers bilatéraux, c’est d’abord la coopération et le développement, mais aussi les enjeux de sécurité régionaux et le Burkina est un acteur clé et sérieux en la matière. La France peut lui faire confiance.

Propos recueillis par Bruno Fanucchi

Rétabli dans ses fonctions de Président de la transition du Burkina Faso moins d’une semaine après la tentative de coup d’Etat, Michel Kafando ou du moins Kafando II (2), affiche une confiance, une détermination et une fermeté sans failles.

Légitimé par son rétablissement à la tête de la transition de son pays, le diplomate Michel Kafando, a, dans un discours, sans concessions, réaffirmé son engagement à poursuivre sa mission qui a été brusquement interrompue le 17 septembre dernier, et l’attachement du peuple burkinabè aux valeurs républicaines et démocratiques.

« Libre de mes mouvements, je reprends du service » a entonné en jubilant Kafando II pour que les « usurpateurs » et l’« imposture » n’aient plus droit de cité au pays des Hommes intègres. Sorti victorieux de l’épreuve du coup de force militaire, Fafando I (1) a été transformé par ces événements. Celui que le peuple burkinabè a connu hier jusqu’à la date du 17 septembre n’est certainement plus le même aujourd’hui. Le Kafando II qu’il nous a été donné de voir et d’écouter le mercredi 23 septembre dernier, est un homme d’Etat affichant fermeté, détermination et abnégation. Tous ces qualificatifs transparaissaient dans son discours solennel à la nation en présence des six chefs d’Etat de la Cédéao venus spécialement assister à la cérémonie de (re)investiture à l’hôtel Laïco de Ouagadougou.

Personne ne doute que « la transition est ainsi de retour et reprend à la minute même l’exercice du pouvoir d’Etat. » Même le général Gilbert Diendéré, patron du RSP, auteur du coup d’Etat militaire, n’a pas attendu le purgatoire du régiment de sécurité dont il porte la lourde responsabilité (bien entendu que le coup d’Etat a fait une dizaine de morts et des centaines de blessés) pour se plier au régime de la transition. Digne des deux étoiles qu’il porte sur les épaulettes, il a humblement reconnu son erreur et demandé pardon à la nation. C’est d’ailleurs avec beaucoup de courage et de responsabilité aussi qu’il a, lui-même, annoncé qu’il répondrait de son acte devant la justice de son pays. En face, auréolé par cette confiance renouvelée, Kafando II a bien reconnu que sans « la clameur nationale contre les usurpateurs » et « la réprobation internationale contre l’imposture », le rétablissement du gouvernement de transition aurait été impossible. Tous auraient été renvoyés aux calendes grecques.

Reconnaissant, Kafando II a rendu hommage à son peuple qui a fait échec au coup d’Etat militaire et aux victimes. « En attendant d’examiner la façon dont nous solderons les conséquences de cette funeste barbarie, à toutes les familles éplorées, je présente nos sincères condoléances. Nous sommes fiers de la mobilisation et de l’intrépidité du peuple burkinabè, en particulier de sa jeunesse dont la détermination sans faille a permis d’arrêter l’imposture », a-t-il déclaré dans des termes bien choisis.

Aussitôt dit, Kafando II s’est mis au travail en comptant sur la mobilisation et le soutien du peuple burkinabè pour « remettre le processus électoral sur les rails, après avoir naturellement pansé les plaies et honoré la mémoire de nos compatriotes injustement tombés pour la défense de la patrie, et dont certains gisent toujours dans les morgues. » 

C’est donc au pas de course que le président de la transition du Faso va devoir remettre en place son équipe pour travailler en mode accéléré les urgences qui s’imposent à lui afin de respecter l’agenda de l’échéance électorale.

Pour rempiler à la tête du Congo-Brazzaville, le président Denis Sassou Nguesso, au pouvoir depuis 1997, veut lever l’obstacle de la limitation du nombre de mandat présidentiel à deux septennats qu’il a, lui-même, fait adopter en 2002 par voir référendaire.

Décidément, les dirigeants africains ont l’oreille dure. En dépit des appels de la communauté internationale et des organisations africaines à respecter la constitution et à encourager l’alternance démocratique, cela n’empêche pas certains comme le clan Sassou à user de tous les subterfuges pour garder le pouvoir, quel que soit le prix à payer. Comment imaginer un tel scénario invraisemblable ?Pourtant l’article 57 de la constitution congolaise du 20 janvier 2002 que Sassou, lui-même, a fait adopter stipule que : « Le Président de la république est élu pour sept ans au suffrage universel direct. Il est rééligible une fois ». Pour verrouiller cette disposition constitutionnelle contre tout éventuel tripatouillage, l’article 185 alinéa 3 prévoit que : « la forme républicaine, le caractère laïc de l’Etat, le nombre de mandats du Président de la République ainsi que les droits et libertés fondamentaux énoncés aux titres I et II ne peuvent faire l’objet de révision ». En clair, si l’on s’en tient à ce dernier article, aucune modification de la constitution n’est théoriquement possible. Mais dans la pratique, les choses peuvent être différentes. A preuve, le président congolais, père de la constitution de 2002 qui a cadenassé le mandat présidentiel, a annoncé cette semaine son intention d’organiser un nouveau référendum pour faire sauter les verrous qui l’empêchent de se représenter. Une décision qui a tout de suite enflé la colère de certains congolais vivant en France. Selon des sources policières, des projets d’actes de vandalisme contre l’ambassade du Congo à Paris et la résidence des Sassou auraient été déjoués de justesse. Et ce n’est pas tout. Selon les mêmes sources, un des fils Sassou aurait été pris à partie par des quidams dans un magasin parisien. Tous ces événements présagent de la tension qui pourrait peser sur ce référendum et les prochaines consultations populaires à venir. Dans cette affaire, il n’y a pas que les opposants congolais qui contestent le projet du président Sassou. L’association française « Survie », se prononce, elle aussi, contre ce référendum dans un article ravageur. Elle en appelle à la responsabilité de la diplomatie française.

Coup d’État constitutionnel en cours au Congo-Brazzaville : L’heure de vérité pour la diplomatie française (Source Survie)

« Mardi 22 septembre, alors que l’issue du putsch avorté au Burkina Faso monopolisait l’attention, le dictateur congolais Denis Sassou Nguesso annonçait dans un message télévisé pré-enregistré son intention d’organiser un referendum pour modifier la Constitution.

A l’exception de la date, cette annonce n’est une surprise pour personne [1]. L’enjeu de ce coup d’État constitutionnel, pour lui aujourd’hui comme pour le Burkinabè Blaise Compaoré en octobre dernier, est de conserver un siège présidentiel qu’il a obtenu dans le sang, qui est avant tout pour lui un moyen d’enrichissement personnel.
Ces calendriers croisés donnent l’occasion aux autorités françaises de sortir d’une ambiguïté criminelle. La position de principe évoquée par François Hollande au sommet de la Francophonie de Dakar, quelques semaines après la chute de Compaoré, pèse en effet bien peu face aux signaux que les officiels français ont continué d’envoyer à Brazzaville : de la maire de Paris au président de la République, en passant par le Premier ministre et le ministre de la Défense, le général-président a bénéficié cet été de toutes les attentions [2].
Ses proches ne sont pas en reste : à l’instar du général Diendéré, putschiste burkinabè désormais célèbre, deux barons du régime congolais sont décorés de la Légion d’honneur – l’un par Nicolas Sarkozy, l’autre par François Hollande l’année dernière [3]. Il semble ainsi que seule l’affaire dite des « Biens mal acquis » nuise aux relations entre Brazzaville et Paris, qui s’accommode toujours aussi scandaleusement des dictatures pour préserver ses intérêts [4].
Pour Fabrice Tarrit, président de Survie, « François Hollande et la diplomatie française s’enferment dans une position intenable, dans une tradition diplomatique françafricaine qui mêle affichage de supposées valeurs avec des compromissions des plus abjectes. On ne peut pas prétendre soutenir la transition face aux putschistes au Burkina Faso, tout en s’abstenant de condamner publiquement Sassou Nguesso et son clan. La « synthèse » chère au président français ne peut pas s’appliquer lorsqu’il est question de démocratie et de dictature. »
L’association Survie appelle l’exécutif français à condamner publiquement ce passage en force programmé du vieux dictateur et à geler toute coopération sécuritaire et militaire pour ne pas se rendre encore complice de la répression des démocrates qui s’y opposent.
[1] Lire Congo-Brazzaville- Le « consensus » contre la démocratie, Billets d’Afrique n°249, septembre 2015
[2] « Les Congolais ne veulent plus de Sassou… La diplomatie s’en accommode », tribune de Guillaume Desgranges et Fabrice Tarrit publiée par Survie, 22 septembre 2015
[3] « Congo-Brazzaville : la France persiste dans son soutien à la dictature », communiqué de Survie, 19 décembre 2014
[4] Parmi ceux-ci, il y a évidemment le pétrole, le bois, la gestion du port par Bolloré, etc. mais également la recherche d’alliés pour la COP21 et surtout l’enlisement de la situation en Centrafrique, où Sassou Nguesso a su user de son rôle de « médiateur » pour faire comprendre à la France qu’il y avait la possibilité de lui nuire (Lire « Lutte d’influence entre Sassou Nguesso et la France », Billets d’Afrique n°244, mars 2015).

Source Survie

La crise burkinabè continue de susciter de nombreuses réactions aussi bien de la communauté internationale, des organisations africaines que des médias étrangers dont la plupart a pris résolument partie pour la population et la société civile. Reporter Sans Frontières (RSF) et plusieurs organisations de la presse française expriment leur compassion et soutien aux médias burkinabè qui ont été mis à rude épreuve après le coup d’Etat du 17 septembre dernier. 

Communiqué de presse
Des organisations de coopération et de défense de la liberté de l’information lancent un message commun en faveur des médias burkinabè.

« Les organisations signataires de ce communiqué, toutes engagées dans le soutien et l’accompagnement des médias burkinabè, souhaitent féliciter d’une seule voix les médias du Faso – et plus largement le peuple burkinabè – qui ont fait preuve du plus grand courage ces derniers jours alors qu’ils étaient gravement menacés.
Malgré des pressions, menaces et tentatives de musèlement à leur encontre pour les empêcher d’exercer librement leur métier d’information auprès de leurs concitoyens, les journalistes et médias burkinabè ont continué à diffuser de l’information crédible et indépendante notamment par leur présence sur les réseaux sociaux, dès lors que les connexions internet le permettaient. A leurs côtés, les acteurs de la société civile et militants des droits de l’Homme, pourtant sérieusement harcelés depuis le début du putsch, se sont emparés de la Toile et de la rue pour protester contre ce coup porté à la transition démocratique, qui avait débutée après l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2015.
CFI, Deutsche Welle Akademie, la Fondation Hirondelle, International Media Support, Internews et Reporters sans frontières souhaitent témoigner à nouveau de leur soutien à leurs partenaires, tous très impliqués au quotidien, et plus particulièrement depuis le début de la crise, pour défendre la transition en cours dans leur pays. Nous sommes à leurs côtés et les encourageons à poursuivre leur mobilisation et à informer de façon indépendante les citoyens.
Nous condamnons par ailleurs toutes les formes de violence et de menaces exercés à l’encontre des médias et de leurs équipes, des défenseurs des droits de l’homme et des citoyens burkinabè.
Voici une liste, malheureusement non exhaustive, des exactions menées à l’encontre des médias et des journalistes ces derniers jours :
l’arrêt des émetteurs de plusieurs radios à travers le pays ;
l’incendie de motos à la radio Oméga FM à Ouagadougou ;
l’enlèvement du matériel de la radio Savane FM (émetteur et ordinateurs compris) à Ouagadougou ;
le saccage et l’incendie de la radio Laafi à Zorgho (à une centaine de km à l’est de Ouagadougou) ;
des tirs sur les radios de Mogtedo et Goudri ;
la violation des locaux de la télévision BF1 à Ouagadougou ;
le control de la Radio Télévision Burkinabè (RTB) par le RSP
le passage à tabac d’un photographe du journal en ligne Lefaso.net et d’un journaliste de Burkina24.com à proximité des locaux de la télévision BF1 ;
l’agression physique d’un journaliste du quotidien Sidwaya et le saccage de son appareil photo ;
le correspondant du quotidien Sidwaya à Bogandé touché par balle à Ouagadougou ;
l’agression physique du directeur général des éditions Le Pays à Ouagadougou ;
les menaces et intimidations à l’endroit de plusieurs journalistes ;
la surveillance des domiciles et des lieux de travail de plusieurs journalistes et responsables de médias
Liste des signataires :
CFI – Agence française de coopération médias
Deutsche Welle Akademie
Fondation Hirondelle
International Media Support
Internews
Reporters sans frontières

Au terme du Conseil des ministres de ce mercredi 23 septembre présidé par le chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara, le porte-parole du gouvernement, le ministre Bruno Nabagné Koné, est revenu sur l’attitude de réserve observée par les autorités de Côte d’Ivoire. « Notre position est prudente, elle est volontairement prudente », a-t-il insisté. Vraisemblablement, c’est parce que « les autres pays qui s’expriment aujourd’hui ne sont pas dans la position de la Côte d’Ivoire. Ils n’ont pas 3,5 millions de Burkinabé chez eux. Nous restons sur cette position de silence et nous observons. Nous ne nous melons pas à ce qui se passe là-bas », a expliqué le porte-parole du gouvernement ivoirien. « C’est ma position personnelle que je donne. Je pense qu’il vaut mieux un silence coupable comme vous dites qu’un bruit qui va entrainer des problèmes », a-t-il précisé pour satisfaire les médias qui s’impatientaient de savoir la position officielle de la Côte d’Ivoire sur la crise burkinabè.

Lors du Sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) tenu ce mardi à Abuja, le chef de l’Etat sénégalais, Macky Sall, avait recommandé qu’une enveloppe d’un million de dollars soit débloquée pour indemniser les familles des victimes du coup d’Etat du 17 septembre. 

Le chef de l’Etat sénégalais, Macky Sall qui a conduit la médiation de la Cédéao à Ouagadougou, a inscrit cette proposition dans un élan de solidarité humanitaire à l’endroit des familles qui ont perdu un être cher lors des événements consécutifs au coup d’Etat militaire du 17 septembre. Cette enveloppe d’un million de dollars américains, soit environ 450 millions de F CFA, devrait être répartie entre les familles de la quinzaine de jeunes burkinabè tombés sous les balles des soldats du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) et les nombreux blessées par balle évacués, pour la plupart, dans le principal hôpital de la capitale burkinabè. Le président en exercice de la Cédéao a, en outre, lancé un appel à toute la classe politique, aux autorités civiles et militaires, à toutes les forces vives du Burkina Faso, pour épargner le Burkina Faso d’un conflit armé. « Si le pays bascule dans la violence, on ne parlera plus d’échéance électorale à respecter, ni d’urnes à convoyer, ni de bulletins de vote à décompter, mais d’armes à convoyer, de morts et de blessés à compter », a-t-il dit. Reste à savoir si sa proposition sera prise en compte et entérinée par ses pairs de la Cédéao.

La guerre de communication bat son plein au Burkina Faso. C’est le moins qu’on puisse dire. A défaut de supports de médias conventionnels, les réseaux sociaux sont devenus de redoutables moyens de substitution. Malheureusement dans ce tohu-bohu, les dérives sont nombreuses. Dans le contexte actuel de la grave crise politico-militaire en cours dans ce pays,  tous les coups sont désormais permis entre parties adverses. La désinformation et l’intoxication sont devenues monnaies courantes. Dans un communiqué réceptionné par notre rédaction, les responsables de la Nouvelle alliance pour le Faso (NAFA) mettent en garde les personnes qui tentent de leur attribuer la co-paternité du coup d’Etat militaire du 17 septembre dernier. 

Communiqué NAFA
Il nous revient que certaines personnes publiant sur les réseaux sociaux que des éléments du Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP) auraient cité la Nouvelle Alliance du Faso (NAFA) comme faisant partie des instigateurs du coup de force perpétré contre la démocratie.
Le parti tient à rappeler à ces personnes au sens de la responsabilité parce que la situation actuelle nationale ne se prête aucunement à des déclarations fallacieuses sans fondement ou à des récupérations politiques, mais à l’union de tous les Burkinabé afin de ramener la paix dans notre pays.
La NAFA, partisane de la non-violence, du dialogue, de la concertation et du compromis en politique regrette sincèrement et condamne ces morts et ces blessés de Burkinabé pour la plupart à la fleur de l’âge.
En ces périodes difficiles nous avons besoin de tous les fils et filles de notre pays quel que soit leurs bords politiques idéologiques et religieux.
Nous rappelons que la Nouvelle Alliance du Faso (NAFA) sur cette question s’est déjà Exprimée et s’exprimera toujours par rapport à ses principes fondés sur la paix, la justice et la démocratie.
Encore une fois de plus nous présentons nos sincères condoléances aux familles éplorées et souhaitons prompt rétablissement aux blessés de cet attentat contre la démocratie et nous félicitons tout le peuple Burkinabè toutes catégories confondues pour sa lutte héroïque.
Nous fondons l’espoir que l’esprit de responsabilité guidera les auteurs du putsch afin que la paix triomphe à jamais au Burkina Faso, pour la paix la justice et la démocratie.

Le Bureau exécutif National de la Nouvelle Alliance du Faso