La rédaction de La Voix du Faso adresse ses meilleurs voeux au Burkina, à l’Afrique et au monde entier. Nous remercions toutes celles et tous ceux qui nous suivent, prennent du plaisir à nous lire et nous encouragent à continuer cette belle aventure qui a commencé au mois de septembre 2015. Que l’année 2016 qui démarre soit meilleure que celle que nous avons connue en 2015. Paix, Amour, Santé et Bonheur pour tous, loin des conflits et des drames.

A peine installé dans le fauteuil présidentiel, Roch Marc Christian Kaboré doit impérativement s’attaquer aux nombreux dossiers chauds en attente.

En un quinquennat, le nouveau président du Faso pourra-t-il tenir toutes ses promesses de campagne ? Difficile d’y croire tellement les tâches sont incommensurables. Sa première tâche va consister à recoller les morceaux pour rétablir l’unité nationale sans laquelle aucune paix durable n’est possible. Pour y arriver, il doit conjurer tout d’abord les vilains sentiments de vengeance du camp des vainqueurs sur les vaincus et surtout engager un dialogue franc avec les pro-Compaoré en vue d’une réconciliation nationale. Le succès ou l’échec de cette étape va sûrement conditionner les autres défis. La relance de l’économie, le retour des investisseurs, le développement des infrastructures économiques, de santé, de l’éducation et la mise en place d’une véritable politique sociale pour inverser la courbe du chômage et faire reculer la pauvreté dépendront de la capacité du nouveau président à créer les conditions d’une stabilité durable. Outre les défis internes, un autre dossier chaud attend le président Kaboré. Comment va-t-il s’y prendre pour ne pas fâcher la Côte d’Ivoire avec l’affaire Compaoré et le putsch manqué dont des soupçons pèsent sur une ou plusieurs personnalités ivoiriennes ? Comme on le voit, le dénouement de cette affaire dépendra de la volonté des présidents Ouattara de la Côte d’Ivoire et Kaboré du Burkina à enterrer très vite la hache de guerre pendant qu’il est encore temps. L’avenir nous le dira. 

Exil de Blaise Compaoré en terre ivoirienne, coup d’Etat déjoué et supposé enregistrement téléphonique compromettant ont suffi à refroidir les relations séculaires entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Le regain de tension entre les deux pays inquiète plus d’un. La jeunesse burkinabè vivant en Côte d’Ivoire se prononce et en appelle au rétablissement des relations de bon voisinage. 

Déclaration du Collectif des Associations et Mouvements de Jeunesse burkinabè en Côte d’Ivoire (CAMJBCI)

Le Collectif des Associations et Mouvements de Jeunesse Burkinabè en Côte d’Ivoire ( CAMJBCI )  s’inquiète des derniers développements de l’actualité sociopolitique qui créent un climat de méfiance entre nos deux pays la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso.
En effet,  nous avons tous été témoins de l’affaire des écoutes téléphoniques qui a défrayé la chronique dans la presse au mépris des usages judiciaires ou diplomatiques .
Nous, leaders de jeunesse Burkinabè en Côte d’Ivoire interpelons les plus hautes autorités de nos pays respectifs  sur  la nécessité  absolue de préserver les excellentes relations existantes entre nos deux peuples depuis la nuit des temps.

Le Collectif des Associations et Mouvements et  Jeunesse Burkinabè en Côte d’Ivoire ( CAMJBCI )  salue une fois  encore la bonne tenue des élections législatives et présidentielle du 29 Novembre 2015 au Burkina Faso notamment l’esprit républicain qui a  caractérisé cette échéance électorale.
Nous réitérons nos félicitations à l’heureux élu en la personne de Monsieur Marc Rock Christian KABORÉ,  Candidat du Mouvement pour le Peuple et le Progrès ( MPP ). Le CAMJBCI tient à lui souhaiter une très bonne chance dans l’exercice de ses nouvelles fonctions.
Par ailleurs, face aux invectives lancées ça et là dans la presse locale et sur des chaînes étrangères  ces derniers jours,  le Collectif des Associations et Mouvements de Jeunesse Burkinabè en Côte d’Ivoire invite la classe politique Burkinabè,  la Société civile et tout le peuple Burkinabè à réserver un accueil chaleureux,  convivial et  fraternel à toutes les délégations sans exception qui feront le déplacement lors de la prestation de serment du Nouveau Président du Faso prévu pour se tenir le 29 Novembre 2015 à Ouagadougou au Burkina Faso.

Que Dieu bénisse et protège le Burkina Faso.  Vive l’Amitié et la Fraternité Ivoiro-burkinabè !

Fait à Abidjan,  le 24 Novembre 2015
Pour le CAMJBCI
Le président
Moussa ZALLÉ

« L’Ivoirien nouveau » ce concept créé par les autorités ivoiriennes pour accélérer le processus de réconciliation en Côte d’Ivoire inspire le milieu du show business à l’instar de Cintoh Production qui met en scène des artistes de groupes ethniques différents.  

L’événement tant attendu aura finalement lieu le samedi 2 janvier 2016 au lieu du 30 décembre 2015 initialement arrêté à la même adresse : 14 rue de la Pointe à Noisy le Sec, en banlieue parisienne. Le promoteur, Hyacinthe Cintoh dont la structure s’est spécialisée dans la promotion des artistes du Grand Ouest de la Côte d’Ivoire veut bousculer les vieilles habitudes communautaires. Selon lui, les soirées dansantes ethniques doivent désormais faire place à des manifestations culturelles inter-ethniques ou du moins inter-communautaires.

Ce concert qu’il organise témoigne de ce changement qu’il veut impulser. Quatre artistes Wê : Balou 1er, Sacré le Mondial, Sahmy Dollar, Amoura JR rivaliseront de talent sur la même scène avec Atsé Hilarion, qui est, lui, un artiste Attié, une ethnie peuplant le Sud-Est de la Côte d’Ivoire et le Nord de la ville d’Abidjan. Cette mixité ethnique culturelle n’est pas passée inaperçue auprès des Ivoiriens de France. Plusieurs associations investies dans la réconciliation au sein de la diaspora saluent cette belle initiative de Cintoh Production. Elles appellent d’ailleurs les autres promoteurs en faire autant pour rapprocher les Ivoiriens.

Dans le contexte de risques d’attentats qui prévaut dans toute la France, les organisateurs de ce spectacle disent avoir pris toutes les dispositions sécuritaires requises pour que la fête se déroule dans de très bonnes conditions. Cintoh Production espère tout simplement que les Ivoiriens seront très nombreux au rendez-vous du 2 janvier 2016 de 20 heures à l’aube pour manifester leur attachement à la Côte d’Ivoire et à la culture ivoirienne. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le concept de « l’Ivoirien nouveau » n’est pas un vain mot, mais une vision d’avenir d’un peuple uni, une attitude d’appartenance à une nation que les Ivoiriens, où qu’ils soient, doivent s’approprier.

Le Groupe français, Lafarge Africa, spécialisé dans l’industrie cimentière, se lance dans l’économie verte au Nigéria. L’annonce a été faite par le Gouverneur, Sénateur Ibikule Amosun de l’Etat d’Ogun de la fédération lors de la COP21 à Paris.

Lafarge Africa n’a pas attendu les recommandations de la Conférence des Nations unies sur le changement climatique à Paris pour « dépolluer » les régions où il est implanté. La multinationale française se lance dans l’économie verte dans le Sud-Ouest du Nigéria notamment dans l’Etat d’Ogun où il a décuplé sa production cimentière pour gagner des parts de marchés à cause de la rude concurrence. Une augmentation de ses activités qui n’est pas sans conséquence sur l’environnement et les populations locales. Car, la fabrication du ciment par le processus physicochimique – transformation du calcaire (CaO3) sous l’effet de la chaleur en chaux (CaO) et en gaz carbonique (CO2) – produit plus de 60 % des émissions de CO2. L’enjeu de la COP21 étant d’amener les industries jugées polluantes à réduire leurs productions de gaz à effet de serre, le Groupe Lafarge Africa va donc assumer sa part de ce contrat moral dans l’Etat d’Ogun où ses chiffres d’affaires sont plus qu’enviables.    

Le Groupe français accompagne les autorités de cet Etat pour mettre en valeur deux réserves dégradées d’une superficie de près de 120 000 ha de terre de savane. L’Etat d’Ogun, membre du R20, une ONG environnementale regroupant plusieurs entités (gouvernements sub-nationaux, compagnies privées, organisations internationales, ONG et institutions académiques et financières) fondée par l’acteur américain Arnold Schwarzenegger, ne demandait pas mieux. Rappelons que la mission de R20 est d’aider les gouvernements sub-nationaux à mettre en œuvre des projets à faibles émissions de carbone, ainsi que de communiquer les meilleures pratiques et politiques dans le domaine des énergies renouvelables, afin de créer une économie verte.

Ce projet va consister à développer des cultures agricoles et forestières sur ces surfaces afin de créer une économie importante. « Les productions seront intégrées dans un projet d’économie circulaire offrant des solutions de valorisation des sous-produits (production d’énergie » dit-on. 

Ce projet est d’autant plus ambitieux qu’il intègre un volet social. Ce qui veut dire que les populations locales ne seront pas des laisser pour compte comme cela est de coutume sous les tropiques. N’est-ce pas que le volet social a été toujours le parent pauvre des politiques de Développement Durable ? D’où les recommandations pour un recentrage des politiques autour d’objectifs sociaux au travers de la mise en œuvre d’un véritable modèle social en Afrique.

Ainsi, les productions agro forestières dans cet Etat de la fédération nigériane permettront de soutenir l’emploi (label social) et de générer des revenus pour développer l’économie locale. Lafarge Africa en tant qu’acteur industriel implanté dans l’Etat d’Ogun s’est montré favorable à ce développement. C’est d’ailleurs pourquoi un accord symbolique a été signé lors de la COP21 à Paris entre le Gouverneur Amosun et le Directeur exécutif du R20, M. Christophe Nutall, pour sceller cette coopération durable Nord-Sud. 

Espérons que l’initiative de Lafarge Africa et du R20 fera des émules en Afrique pour qu’il y ait plus de justice climatique sur ce continent qui paie malheureusement le plus lourd tribut des conséquences de l’émission des gaz à effet de serre.

Après 12 jours de négociations, les 195 délégations composées de chefs d’Etat, chefs de de gouvernement et d’experts, présents à la conférence sur le climat à Paris, la COP21, sont parvenus à trouver un accord jugé historique pour sauver notre planète. La Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, donne quelques clés pour comprendre les principaux points de cet accord universel sur le climat.

La COP21 :

- Ambition d’être «bien en dessous de 2°C» en continuant efforts pour viser 1,5°C. 

– Reconnaissance des pertes et dommages, avec mécanisme adapté.

- Objectif de long terme trop flou (pas de chiffres ni référence aux énergies renouvelables).  

– Révision tous les 5 ans, et toujours à la hausse, des engagements nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

– Mais la d ate de 1 ère révision obligatoire est trop tardive (bilan en 2023 pour révision 2025). Il faut obtenir que des pays (idéalement ceux de la coalition des «pays les plus ambitieux») décident volontairement de réviser leurs engagements avant 2020.

Les 100 milliards en 2020 sont bien un plancher, un nouvel objectif plus élevé sera défini au plus tard en 2025 , même si on aurait préféré des cycles réguliers de 5 ans

Une place plus importante donnée à l’adaptation pour l’après-2020 , mais l’accord ne renforce pas les financements dédiés à l’adaptation avant 2020.

– Absence de référence claire au prix du carbone.

- Et, à côté de l’accord : une mobilisation sans précédent des entreprises, des collectivités, des acteurs financiers, et surtout… des citoyens et des citoyennes. Plus rien ne l’arrêtera.

Source : Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme

 

Le GSPR, c’est l’acronyme du Groupement de Sécurité et de Protection Républicain, la nouvelle unité d’élite créée sous l’ère Roch Marc Christian Kaboré qui remplace le tristement célèbre RSP (Régiment de Sécurité Présidentielle) dissout le 6 octobre dernier après le putsch manqué du général Gilbert Diendéré. A ne pas confondre avec le GSPR en France, qui est le Groupe de Sécurité de la Présidence de la République (GSPR).

Les similitudes ne s’arrêtent pas à l’acronyme. Les deux unités ont quasiment la même mission. Le GSPR Burkina composé de policiers, de gendarmes et de militaires, est chargé d’assurer la protection du président de la République, des institutions et des proches du régime. Son homonyme français également, unité d’élite de la police et de la gendarmerie nationale a pour mission d’assurer la protection personnelle et immédiate du président de la République française, du Palais de l’Elysée, de sa famille y compris la Première dame de France, de certaines personnalités (anciens présidents, candidats à la présidence, certains conseillers présidentiels) ainsi que de leurs résidences officielles.

Pour de nombreux observateurs, cette ressemblance frappante ne surprend personne. Le nouvel homme fort du Faso est un pro-Français convaincu qui a fait ses études supérieures à l’université de Bourgogne (Centre-Est). Il a tissé sa toile et son réseau dans les milieux politiques et d’affaires français. Et puis, le Burkina Faso a toujours été considéré comme un pays important du pré carré français en Afrique de l’ouest. Blaise Comparé en a été pendant 27 ans le partenaire idéal pour la Françafrique dans cette partie du continent. Auteur d’innombrables coups tordus dans la région et parrain de rébellions, cela n’avait jamais gêné, outre mesure, Paris qui fermait les yeux sur tout ce qui s’y passait.   

Sa carrière a commencé par le blanc seing dont il a bénéficié dès son arrivée au pouvoir le 15 octobre 1987 par un coup d’Etat qui a conduit à l’assassinat du capitaine Thomas Sankara et de sa garde rapprochée. Il est sorti du pouvoir, la vie sauve, le 31 octobre 2014 grâce encore à la France qui l’a exfiltré vers la Côte d’Ivoire à la suite d’une insurrection populaire qui a emporté son régime. 

Magré tout le mal qui est dit aujourd’hui sur le défunt RSP, il reste la force qui a permis à Blaise Compaoré d’asseoir son régime et de stabiliser le Burkina Faso en proie à une instabilité chronique. Une situation de grâce qui a bien profité à l’ancien homme fort du pays et à ses thuriféraires. Y compris Roch Marc Christian Kaboré qui avait occupé en son temps des fonctions administratives et politiques enviables. Il a été de plusieurs gouvernements en tant que ministre des Finances (juin 1992 – septembre 1993), ministre chargé des Relations avec les Institutions avant d’être nommé Premier ministre (1994 – 1996). Sur le plan politique, il a été président de l’Assemblée nationale pendant une décennie (2002 – 2012). Fonction qu’il a cumulée avec celle de la présidence du CDP (Congrès pour la démocratie et le progrès), le parti au pouvoir (2003 – 2012). A cette époque, Roch Marc Christian Kaboré faisait, bien sûr, partie du premier cercle des privilégiés du régime. En dépit de sa rupture avec sa famille politique originelle, il demeure aux yeux des Burkinabè, un pur produit du «Compaorisme » par opposition au «Sankarisme » en quête de justice pour venger son idole.

Comme on le voit, le GSPR burkinabè est à la fois sosie et copie du GSPR français né des cendres du RSP comme le sphinx. Les 400 hommes qui le composent – un effectif qui devrait monter en puissance pour atteindre le millier – ont également pour mission de mater toute velléité de déstabilisation. Le Burkina est réputé pour ses coups d’Etat à répétition qui ont d’ailleurs emporté plus d’un régime. C’est ce qui explique la hantise des putschs qui habite les locataires du Palais de Kosyam et la culture raisonnée de la paranoïa sécuritaire des régimes qui se sont succédé.

Au terme d’élections incontestables et incontestées, Roch Marc Christian Kaboré, a été élu président du Faso dès le premier tour avec un score de 53,49% des suffrages exprimés.

Désormais, Roch Christian Kaboré n’est plus seulement le président du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), mais le président de tous les Burkinabè, y compris ceux qui ont appelé à voter contre lui, conformément à un principe élémentaire du jeu démocratique. Et il l’a d’ailleurs reconnu dans son tout premier discours après la proclamation des résultats provisoires par la CENI.

Au pied du mur de Kosyam, l’enfant terrible de Tuiré (Ganzourgou) devrait donc commencer à montrer l’assurance qu’il est prêt à travailler avec toutes les compétences, sans tenir compte des bords politiques. C’est la condition première pour une réconciliation véritable qu’il est obligé de cultiver entre Burkinabè, sauf s’il n’a aucune envie de terminer son premier quinquennat. Il ne fait donc pas de doute que le nouvel occupant du grand fauteuil présidentiel doit diriger avec beaucoup de tact, pour rapprocher les bords et recoller les morceaux. Autant il ne peut pas, en tant que président, mettre fin à la « Burkinité » de ses farouches adversaires politiques restés solidaires à l’ex-parti au pouvoir, autant il est obligé de leur tendre la main, de composer avec eux, de leur imposer son autorité et surtout de les inviter au travail pour l’édification d’un Burkina nouveau. Certes, il est presqu’impossible d’effacer de la mémoire des Burkinabè les souvenirs des bagarres politiques qui ont précédé l’insurrection populaire de fin octobre 2014. Mais la tâche revient aux nouvelles autorités de la Transition, de tourner cette lourde page afin d’emmener les fils et les filles du pays des Hommes intègres à regarder vers un même horizon,  celui de l’avenir du Burkina Faso.

Heureusement, la personnalité de Roch Marc Christian Kaboré ne fait pas penser que l’homme est animé d’un esprit revanchard, de chasseur de sorcières, ou de dictateur. Il a d’ailleurs tout intérêt à régner sur un Burkina unifié en dépit des antagonismes politiques et partisans auxquelles ni lui, ni personne d’autre ne pourra mettre fin.

Toutefois, au regard de la ruée vers son parti, le MPP dont les observateurs de la scène politique ont été témoins depuis janvier 2014 et qui s’est poursuivie jusqu’à la veille du lancement de la campagne électorale avec l’entrée en jeu des 17 partis politiques qui ont battu campagne auprès du candidat Roch, il va s’en dire que les attentes sont grandes en termes de retombées politiques et de strapontins. Qui ne voudrait pas être ministre, gouverneur, directeur général de société d’Etat, chef de grand projet ou même simple conseiller dit technique ?  Mais c’est là le piège car, parce qu’il est président de tous les Burkinabè, garant de l’unité nationale, Roch Marc Christian Kaboré doit s’abstenir de cultiver le népotisme, le clientélisme politique, et composer avec toutes les compétences que regorge le pays, sans tenir compte des couleurs politiques. 

En tout état de cause, les attentes des Burkinabè sont nombreuses et variées. Elles ont même été revues à la hausse après les opérations de charme que l’élu Roch et les 13 autres candidats ont menées pendant les trois semaines de campagne. Les promesses électorales ont fait rêver la jeunesse burkinabè qui s’est subitement rendu compte qu’elle a droit à un mieux-être. Il n’y a qu’à écouter les micros-trottoirs réalisés et diffusés par les médias après l’élection du président, pour se rendre compte que bien des jeunes ont croisé les doigts pour attendre que le nouveau président vienne leur offrir un emploi, comme il l’a promis lors des meetings politiques. Roch Marc Christian Kaboré est donc ainsi pris au piège de ses promesses électorales dont il ne saurait se soustraire. Tout comme il doit mettre effectivement en œuvre son projet de société si l’on considère qu’effectivement c’est ce projet qui a convaincu l’électorat qui l’a plébiscité.

On n’oubliera pas non plus que le nouvel homme fort du Burkina devrait dès sa prise de fonction, traiter les patates chaudes dont il va hériter de la Transition. Parmi celles-ci, et au chapitre de la diplomatie bilatérale, il y a le nécessaire réchauffement des relations entre le Burkina Faso et la Côte-d’Ivoire ; le maintien et la poursuite du dialogue social avec l’indomptable Bassolma Bazié et ses camarades syndicalistes très engagés et très exigeants ; la justice pour les martyrs de l’insurrection et du coup de force du RSP, la lutte contre la corruption, etc. Et c’est ce dernier point (corruption) qui constitue, selon certains observateurs bien avisés, le dernier rempart de l’épopée Compaoré. Car, après avoir sectionné le bras politique, puis le bras militaire, le bras financier de l’ex-régime demeure intact à travers une poignée d’opérateurs économiques qui ont une mainmise sur les monopoles commerciaux et les marchés publics. Vous avez donc du pain sur la planche, Excellence, Monsieur le président du Faso. Nous vous souhaitons bon vent !

Les résultats des élections présidentielles et législatives confirment bien leur caractère historique prévu sur certains plans, tandis que sur d’autres plans, il peut être constaté un surplace. Les élections du 29 novembre 2015 marquaient la fin de la transition politique et permettent de conclure à un processus réussi puisque le pays renoue avec la normalité constitutionnelle.

Sur le plan de l’organisation

La tendance à une amélioration constante a été maintenue. Un bon qualitatif très important a même été franchi le 29 novembre 2015. La centralisation électronique des résultats des scrutins a été appliquée après le fichier électoral biométrique, et ce modèle de centralisation a bien fonctionné pour l’élection présidentielle. Les Burkinabé ont pu suivre en direct la diffusion des résultats et dans les délais prévus, ceux-ci étaient connus. C’est une grande première dont la dimension historique doit être reconnue, car, dans le passé, plusieurs aspects des élections qui entachaient la transparence des élections, renforçant la suspicion des électeurs et des populations ont été améliorés. C’était la première fois aussi qu’une élection présidentielle se tenait sans un président en exercice parmi les candidats. D’où la réduction maximale des influences du scrutin et un renforcement du caractère libre des élections. De ce point de vue, il serait profitable pour la démocratie de maintenir le couplage de l’élection présidentielle avec les législatives en vue de réduire l’influence des dirigeants en place sur le choix des électeurs.

Quels enseignements tirés des résultats ?

C’est surtout au niveau des résultats que les élections du 29 novembre comportent des enseignements notables. Les législatives ont démontré la plus grande diversité parlementaire de l’histoire politique du Burkina Faso. Quatorze partis politiques sont représentés au parlement contre dix dans la dernière législature élue au suffrage universel et renversée par le soulèvement populaire du 30 octobre 2014. Les résultats des législatives ne sont pas du tout une surprise puisqu’il n’existe plus un contexte de domination d’une seule force. Même si on a pu penser qu’un certain parti influençait la transition en sa faveur, cela ne pouvait être vraiment démontré, étant donné que les autorités de la transition avaient des pouvoirs et pouvaient s’en servir librement. Les électeurs burkinabé commencent déjà à prendre leur indépendance vis-à-vis de l’ancien contexte et votent qui ils veulent, sans tenir compte des arrangements politiques au sommet. Le seul phénomène quelque peu surprenant c’est la capacité des électeurs, surtout en région, à choisir un président et de ne pas voter son parti aux législatives. C’est un signe de maturité politique imprévu jusque-là observé dans les pays de démocratie avancée mais surtout où le niveau général d’instruction est élevé.

Ces résultats montrent aussi que la machine électorale de l’ancien régime est toujours active. Ce qui a certainement fait pencher la victoire du côté de celui qui a les meilleurs liens avec cet appareil. Comme très espéré par les Burkinabé, il faut s’interroger sur le potentiel de ces élections à conférer une stabilité politique, la paix et la sécurité au Burkina Faso, les mois et années à venir. De ce point de vue, les résultats de ces élections permettent d’envisager deux principaux scénarii d’évolution probable.

Les deux scénarios possibles 

Le premier scénario laisse voir que le Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP), parti présidentiel, ne dispose que de cinquante-cinq (55) députés sur cent vingt-sept (127) et se retrouve, à l’issue des législatives, dans l’obligation de phagocyter plusieurs « petits partis » pour tenter de constituer une majorité parlementaire. Une simple alliance pourrait ne pas constituer une base politique assez stable. Les partis les plus certains pour ce scénario, avec le nombre de députés dont ils disposent, ne permettent pas vraiment d’atteindre l’objectif. C’est pourtant le scénario le plus sécurisant pour la nouvelle ère post-transition, qui éviterait les multiples soubresauts contenus dans cette configuration éclatée de l’assemblée nationale. Les affinités politiques entre certains leaders de partis politiques à l’assemblée nationale et ceux du MPP devraient faciliter cette opération. Quoique, contexte inédit oblige, des appétits nouveaux peuvent naître chez les dirigeants des partis politiques ayant peu de députés et fragiliser le processus de rapprochement entre eux et le MPP.

Le second scénario, le plus consistant, voit le Président du Faso élu ne pas arriver à constituer une majorité parlementaire. Dans ce cas, c’est la nouvelle opposition qui a des chances de constituer une majorité parlementaire bien que son extrême morcellement rend également très difficile un tel exercice. Ce scénario appelle plusieurs conséquences.

Si l’opposition arrive à créer une majorité sous la forme d’un groupe parlementaire, le Burkina Faso va connaître une cohabitation, puisque l’article 46 de la constitution dispose que « Le Président du Faso nomme le Premier ministre au sein de la majorité à l’Assemblée nationale ». Même si la disposition n’est pas assez précise comme dans certains pays où il est dit que le Président de la République nomme le chef du parti vainqueur aux élections législatives (majorité parlementaire), ici, le Président du Faso augmentera le risque de blocage en nommant un « opposant » qui n’est pas issu des partis comptant le plus grand nombre de députés. Ce Premier Ministre de l’opposition aura affaire à la fois à son propre camp et à celui du Président du Faso. D’où impossibilité de fonctionnement de l’État,

Les risques de la cohabitation 

La cohabitation fait courir de sérieux risques d’instabilité au pays puisque la classe politique burkinabé n’y est pas vraiment préparée, mais surtout à cause de l’état d’esprit des hommes politiques burkinabé peu habitués au dialogue politique et au compromis quand ils sont en position de force. Ensuite, chaque décision fera l’objet de multiples et difficiles tractations, vu la dispersion politique de l’opposition elle-même. Vu le nombre de « petits partis » présents à l’hémicycle, les minorités de blocages seront aussi nombreux. Dans un tel contexte, les blocages des institutions peuvent facilement survenir et entrainer une crise politique majeure rendant obligatoire de nouvelles élections pour rechercher une majorité parlementaire

En synthèse, la perspective de la cohabitation et de ses conséquences inquiétantes remettent à l’ordre du jour les propositions d’un cadre de dialogue général qui aurait adopté, pendant la transition, un accord global sur la gouvernance politique. Les amorces d’actions dans le sens de la réconciliation auraient certainement dédramatiser les perspectives découlant des résultats des dernières élections. En l’absence d’un tel accord, c’est la réalité politique burkinabé qui va s’appliquer avec ce que cela comporte comme dangers.

Un grand hôtel de luxe destiné à une clientèle sélective va ouvrir ses portes dans la capitale guinéenne à la fin du premier trimestre de l’année 2016. Ce nouveau réceptif hôtelier est l’oeuvre du Groupe Teylion conseillé par l’équipe Afrique de CMS Bureau Francis Lefebvre. Ci-dessous le communiqué de presse.

Guinée : CMS Bureau Francis Lefebvre conseil de Teyliom dans le cadre de la prise de participation de Fisea dans le Noom Hotel Conakry

L’équipe Afrique de CMS Bureau Francis Lefebvre était le conseil du groupe Teyliom dans le cadre de la prise de participation, de 3 millions d’euros, du fonds d’investissement et de soutien aux entreprises en Afrique (Fisea) dans Chain Hotel Conakry, propriétaire du Noom Hotel de Conakry.

Le Noom Hotel Conakry est un établissement géré par le groupe hôtelier Mangalis, appartenant au holding Teyliom. L’ouverture de cet hôtel de 187 chambres, destiné à une clientèle d’affaires, est prévue pour fin mars, début avril 2016. Elle permettra la création de 220 emplois directs et contribuera au développement du tourisme en Guinée, secteur clé du développement de la sous-région.

Pour cette opération, le groupe Teyliom était conseillé par l’équipe Afrique de CMS Bureau Francis Lefebvre avec Pierre Marly, associé, Nicole Marielle et Bertrand Saint-Pierre. Fisea était conseillé par le cabinet Simmons & Simmons avec Noro-Lanto Ravisy (associée) et Mathilde de Brugerolles.