Home International Macron vs Le Pen : Quel président méritent les Français ?

Sans surprise, les deux candidats donnés vainqueurs par les sondages sont arrivés en tête du premier tour du scrutin présidentiel français du 23 avril. Emmanuel Macron et Marine Le Pen devront être départagés par les 47 millions d’électeurs au second tour du dimanche 7 mai prochain. 

Il est certain que le scénario du 2e tour de la présidentielle de 2002 qui avait opposé Jacques Chirac à Jean-Marie Le Pen, ne se reproduira pas. Souvenons-nous de la large victoire du président sortant (82,21 %) face au père du Front national (17,79 %) grâce à la mobilisation de la Gauche privée de son champion, le Premier ministre Lionel Jospin battu dès le premier tour, de la société civile et du soutien des autres candidats éliminés.

Le contexte n’est certainement plus le même. Marine Le Pen, candidate de l’extrême droite, s’est qualifiée grâce à un électorat solide qui ne cesse de progresser à chaque échéance électorale. Selon les derniers chiffres, la fille du père a battu son propre record de voix. Les électeurs du FN sont passés de 6 millions à 8 millions. Pour son camp, il y a de bonnes raisons de croire que Marine peut l’emporter au second tour face à Emmanuel Macron.

Inconnu des Français il y a à peine un an, l’ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée et conseiller de François Hollande, devenu  ministre de l’Economie avant de fonder son propre mouvement « En marche » en avril 2016 puis de claquer la porte du gouvernement de Manuel Valls le 30 août dernier et d’annoncer sa candidature, part favori de ce scrutin après sa percée spectaculaire du premier tour. C’est bien lui qui a emporté la mise en réalisant le meilleur score du premier tour avec 23,75 % face à Marine 21,53 %. Le second tour du 7 mai s’annonce donc palpitant. La différence se fera pendant la campagne et lors du traditionnel face-à-face télévisé qui opposera les deux finalistes.

Quant aux réserves de voix, le moins qu’on puisse dire, c’est que chacun en dispose, et peut aussi compter sur les ralliements de raison de dernières minutes.

A l’évidence, au cours des jours à venir, les arguments de campagne restés, un tant soit peu, inaudibles à cause des affaires sales qui ont pollué la campagne du premier tour, vont beaucoup peser pour amener les indécis, les abstentionnistes, les votes blancs, à faire un choix responsable. Ce qui va décupler certainement le taux de participation.

La différence très marquée des deux programmes aussi, va faciliter le choix des Français le 7 mai prochain. Les 47 millions d’électeurs appelés aux urnes devront choisir soit Emmanuel Macron, euro-optimiste convaincu et progressiste proposant un modèle économique social-libéral. Dans le détail, le candidat de « En Marche », veut « investir 50 milliards d’euros et réduire les dépenses publiques de 60 milliards tout en diminuant la pression fiscale sur les entreprises et les ménages de 20 milliards ». Et ce n’est pas tout. Macron veut aussi « ramener le chômage à 7% tout en réduisant le déficit à 1% et en portant la croissance à 1,8% ». Des arguments de campagne qui ont convaincu plus d’un électeur.

En face, son adversaire, Marine Le Pen, eurosceptique et ultranationaliste, propose un modèle économique diamétralement opposé et nostalgique des temps passés. D’ailleurs, son programme économique se situe entre le libéralisme et la protection sociale. Au nombre de ses mesures dont le réalisme se dispute au radicalisme, le rejet de l’immigration et de l’Union européenne demeurent l’ADN du Front National. Elle promet entre autres de redonner à la France « sa souveraineté monétaire », donc de sortir de l’Euro. Elle veut accorder la priorité aux Français notamment pour l’accès à l’emploi et aux logements sociaux. Dans ce même repli identitaire, Marine Le Pen prône le protectionnisme tous azimuts qui se traduira par l’attribution des marchés publics prioritairement aux entreprises françaises. En revanche, elle veut sanctionner par une mesure de taxation injuste les entreprises qui auront le malheur d’embaucher des étrangers.

La décision finale appartient aux Français. C’est à eux de trancher entre deux candidats qui proposent des programmes très clivés aussi bien dans la forme que dans le fond. Au soir du dimanche 7 mai, nous verrons quel président les Français méritent vraiment.