Home Culture Femua 10 : Après l’interruption de la 9e édition…l’aventure se poursuit de...

Le Commissaire général du Festival des Musiques Urbaines d’Anoumabo (Femua), Salif Traoré dit A’Salfo, a présenté à la presse, le programme de la 10e édition de ce rendez-vous culturel qui a lieu en Côte d’Ivoire, au siège de l’Unesco à Paris, le jeudi 3 mars dernier.

« L’Afrique, face au défi du réchauffement climatique », c’est ce thème d’actualité qui a été retenu par les organisateurs. A chaque édition, des innovations sont opérées pour apporter de la valeur ajoutée au « festival de référence en Côte d’Ivoire et l’un des meilleurs en Afrique et dans le monde ».

« Le Femua 10 aura bel et bien lieu », a martelé le Commissaire général après l’interruption de l’édition de 2016 consécutive à la mort brutale sur la scène d’Anoumabo du roi de la rumba congolaise, Papa Wemba. Pour congédier ce drame qui a laissé un goût d’inachevé, à l’ouverture du festival, le 24 avril, un méga-concert sera donné pour lui rendre hommage. Son groupe « Viva Musica », l’orchestre qui l’a toujours accompagné, sera au grand complet pour « fermer la parenthèse ». Les « Sapeurs » seront également de la fête pour saluer la mémoire de celui qui fut un des leur. A la demande du groupe Magic System auprès des autorités municipales, la place d’Anoumabo sera baptisée « Place Papa Wemba ».

Le festival va se dérouler sur sept jours et sera marqué par plusieurs étapes. Ainsi, du 24 au 30 avril prochain, il y aura une série de concerts à Abidjan (Marcory-Anoumabo) et à Adiaké, une ville de la province qui accueillera la cérémonie de clôture. Treize artistes de renommée internationale vont se disputer les différentes  scènes prévues au programme. En tête d’affiche, on compte la star malienne, Salif Kéita, l’Ivoirien Tiken Jah Fakoly et le Français, Black M pour ne citer que ces trois.

Le Femua, ce n’est pas que la fête de la musique. On y réfléchit aussi sur les problématiques qui préoccupent le monde. « Cette 10e édition sera pour nous, l’occasion de jouer notre partition dans le défi mondial de ce 21e siècle, à savoir le réchauffement climatique. Ainsi, nous plaçons cette édition sous le thème : L’Afrique, face au défi du réchauffement climatique », a fait savoir le Commissaire général.

Ainsi, il y aura des journées de réflexions sur ce thème, et de sensibilisation de la jeunesse (carrefour de la jeunesse) sur notamment les enjeux du réchauffement climatique et les attitudes citoyennes à adopter pour préserver la planète. La Commission nationale des droits de l’Homme de Côte d’Ivoire (CNDHCI), partenaire institutionnel, va apporter aux débats, des éléments de réponse en matière du droit des citoyens face à ce réchauffement et ses conséquences sur les populations notamment africaines classées parmi les premières victimes dans les décennies à venir.

Les tout-petits (Femua Kids), notamment ceux des orphelinats et des familles les plus défavorisées ne seront pas oubliés. Des activités ludiques et éducatives ont été concoctées pour les occuper. Au volet du sport, il y aura le « Tournoi CEDEAO » de football et un « Cross populaire » qui mobilisera près de 10 000 athlètes.

L’ADN du Femua, c’est avant tout le volet social. « Des projets de grandes envergures, orientés dans l’éducation et la santé ont été réalisés », explique le Commissaire général. A ce jour, le Femua a à son actif la construction de trois écoles dont deux en cours de réalisation. C’est sans compter la réhabilitation d’infrastructures sanitaires dans les quartiers les plus pauvres.

A cette édition de 2017, l’on va procéder à la pose de la première pierre de deux écoles qui seront construites dans deux villes de la province. « Nous avons pris comme résolution d’inaugurer à chaque édition une école. Nous espérons qu’avec l’aide de nos partenaires, nous pourrons offrir davantage d’écoles », promet Salif Traoré.

Côté sécurité et santé, les organisateurs n’ont rien négligé. Des dispositions exceptionnelles ont été prises pour que ce festival qui fait déplacer des foules se déroule dans de très bonnes conditions. Près de 5 000 policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers seront déployés sur les différents sites d’accueil des spectacles ainsi que les Samu et la Croix-Rouge pour contenir et veiller sur les 100 000 festivaliers attendus chaque jour.

Après dix années d’existence, Gaou production et ses partenaires, peuvent se réjouir d’avoir gagné leur pari. Ce qui n’était pas évident au départ de cette aventure culturelle, vu que les contraintes financières, logistiques et humaines se sont démultipliées à chaque édition.

Démarré avec un modeste budget d’à peine 35 mille euros lors de la première édition, aujourd’hui l’organisation de ce festival coûte un peu plus de 1,5 millions d’euros selon les estimations données par son Commissaire général. Heureusement que l’équipe de Gaou Production, maître d’œuvre de cet grand événement festif, sait compter sur ses partenaires financiers, techniques et institutionnels qui l’accompagnent depuis maintenant 10 ans.

Rappelons qu’à cette cérémonie de lancement du Femua 10 à Paris, la Côte d’Ivoire qui accueille ce festival, était représentée par son ambassadeur en France, SEM. Charles Gomis, sa Déléguée permanente auprès de l’Unesco, Mme Denise Houphouët-Boigny et le Directeur général de Côte d’Ivoire Tourisme, Jean-Marie Somet, arrivé spécialement d’Abidjan.