Home International Entretien Hollande – Ouattara : La question de l’armée ivoirienne au cœur...

A moins de quarante jours de la fin de son quinquennat, le président français, François Hollande, a échangé avec son homologue ivoirien, Alassane Ouattara, autour d’un déjeuner à l’Elysée ce mercredi 15 mars.  

La visite de travail du chef de l’Etat ivoirien en France, Alassane Ouattara, intervient dans un contexte sociopolitique assez particulier en Côte d’Ivoire. En effet, les mois de janvier et février derniers ont été très agités à Abidjan et dans les provinces. Le pays a été confronté à des mutineries militaires répétées, des grèves du personnel de santé, des agents de l’Etat, des enseignants, des élèves et étudiants (…)

Au menu de ces échanges suivi d’un repas qui ont duré deux bonnes heures (13 h-15 h), la coopération militaire entre les deux pays a été suffisamment abordée. Le président français a confirmé « le soutien de la France aux efforts de la Côte d’Ivoire en matière de restructuration des forces de sécurité, en particulier dans leur préparation au déploiement dans le cadre d’opérations de maintien de la paix des Nations Unies ou de l’Union africaine ».

Neuf cent militaires, l’effectif des Forces Françaises de Côte d’Ivoire (FFCI), sont prépositionnés sur le sol ivoirien. Créées le 1er janvier 2015, les FFCI dont la mission est d’assurer un relais opérationnel sur une zone d’intérêt stratégique, s’inscrit dans « la continuité de l’accord de partenariat de défense de 2012 qui scelle une proximité ancienne entre la France et la Côte-d’Ivoire. Elles constituent l’une des deux bases opérationnelles avancées en Afrique. »

Sur la question du terrorisme, François Hollande a également confirmé que « la France poursuivrait, près d’un an après les attentats de Grand-Bassam, ses actions de formation au profit des forces ivoiriennes compétentes en matière de lutte antiterroriste. »

Au chapitre économique, la dette ivoirienne a été un des sujets des discussions. Le président français s’est félicité de « l’avancement rapide du processus d’annulation et de conversion de la dette ivoirienne, initié en juillet 2012 et qui a permis le financement de nombreux projets dans les secteurs de l’éducation, de la santé, du développement rural, des infrastructures ou encore de la justice et de l’Etat de droit. »

Même satisfecit exprimé par les deux chefs d’Etat au sujet de l’éligibilité de la Côte d’Ivoire aux « crédits européens du Fonds fiduciaire d’urgence en faveur de la stabilité et de la lutte contre les causes profondes de la migration. »

Au cours de ces échanges, la question monétaire a été évoquée. François Hollande « a réaffirmé son ouverture à toutes les propositions que les Etats membres de la zone pourraient formuler » à la prochaine réunion des ministres de la zone franc CFA qui se tiendra en avril à Abidjan. Non sans avoir rappelé que « cette monnaie et cette zone appartenaient aux pays qui la composent. »

Les dossiers internationaux n’ont pas échappé à ces discussions. Le cas du Mali, pays voisin à la Côte d’Ivoire confronté à des mouvements sécessionnistes au nord, a retenu l’attention des deux chefs d’Etat. Hollande et Ouattara ont salué « les avancées que constituent la mise en œuvre des premières patrouilles mixtes entre signataires de l’accord de paix et de réconciliation, mais aussi la mise en place d’autorités intérimaires dans plusieurs des régions du nord du Mali. »