Home Société Crise des migrants : 13 000 Ivoiriens recensés sur les côtes italiennes

La 2e édition du forum de la diaspora de Côte d’Ivoire a ouvert ses portes ce lundi 22 mai à l’Hôtel Sofitel d’Abidjan sur l’immigration irrégulière, occasion pour les autorités ivoiriennes de tirer la sonnette d’alarme sur le nombre inquiétant de migrants ivoiriens recensés en Italie.

A ce jour, 13 000 migrants ivoiriens ont été recensés sur les côtes italiennes après la traversée périlleuse par la mer. C’est du moins le chiffre communiqué par le ministère de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’étranger qui n’a toutefois pas donné de chiffres sur le nombre de morts par noyade. Or selon le HCR, 1073 migrants ont déjà péri en mer Méditerranée centrale depuis le début de l’année 2017.

L’ambassadeur en poste en Italie, Mme Mme Janine TAGLIANTE-SARACINO, instruite sur ce drame, a apporté des précisions de taille sur l’ampleur du phénomène qui touche la quasi-totalité des pays africains. Elle a révélé que des mineurs ivoiriens non accompagnés figurent parmi les candidats à l’immigration clandestine. « En 2016, près de 2000 mineurs ivoiriens ont été recueillis par les autorités italiennes », a-t-elle indiqué avant d’inviter les autorités ivoiriennes à se pencher résolument sur cette tragédie.

Un film documentaire « Migrants, retour d’enfer » réalisé par le journaliste Patrick Fandio retrace de façon succincte l’itinéraire cruel de ces migrants venus de Côte d’Ivoire qui paient des fortunes pour réaliser un rêve qui n’est en réalité qu’une illusion. Ce film documenté et émouvant fait également la lumière sur l’organisation autour de ce trafic humain. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la route des candidats à l’Eldorado réserve bien des surprises. En immersion sur le parcours de ces migrants abandonnés à leur triste sort, le réalisateur Patrick Fandio dénonce le traitement inhumain que les passeurs et autres marchands de rêve font subir aux candidats à l’immigration clandestine.

Cette aventure très risquée commence par Niamey au Niger où les migrants ivoiriens transitent avant de poursuivre leur chemin dans le désert marocain et libyen où ils croisent très souvent sur leur chemin des bandes organisées de rebelles ou de djihadistes qui les rançonnent, les torturent et leur tirent dessus comme des animaux.

Après la traversée du désert, commence celle de la mer sur des embarcations de fortune surchargées qui coulent avec leurs passagers sans atteindre les côtes italiennes. En 2016, il y a eu officiellement 5 000 noyades en mer Méditerranée.

Ce Forum est aussi un cadre de réflexion et d’échanges d’expérience qui réunit pendant deux jours de travaux des représentants de la diaspora venus des quatre coins du monde et des experts étrangers. En la matière, la Côte d’Ivoire qui veut faire de sa diaspora la 32e région a du retard à rattraper par rapport à ses voisins. Il a été relevé entre autres l’insuffisance d’une politique incitative de retour d’expérience d’une diaspora ivoirienne jugée en générale qualifiée et donc utile au pays d’origine.

La question de la double nationalité, de la représentativité de la diaspora à l’assemblée nationale, de la facilité d’accès aux logements, de l’accompagnement et de l’assistance à la création d’entreprise, du recrutement des compétences (…) a été évoquée.

Les résolutions de la 2e édition de ce forum de la diaspora ivoirienne sont très attendues au terme des travaux qui ont été ouverts par le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly.