De mémoire, autant qu’on s’en souvienne, un imam n’a eu le courage de dénoncer, à visage découvert, les dérives de la République en présence du chef de l’Etat et de certains membres de son gouvernement de confession musulmane. Le guide religieux a passé au peigne fin des maux comme la gabegie, le népotisme, le clientélisme et le tribalisme qui gangrènent la société ivoirienne. 

Le thème choisi à l’occasion de la nuit du Destin, « La contribution de l’Islam dans la lutte contre le fléau de l’enrichissement illicite » est, en lui-même, assez révélateur. La scène filmée passe sans commentaire. Il n’y a qu’à voir la gêne et même la colère sur certains visages pour se rendre compte que le message porté par le conférencier, le très charismatique imam Ousmane Diakité dont la notoriété est reconnue parmi les guides religieux du pays, a eu son effet escompté. Nous vous livrons un extrait de son temps de parole dans une mosquée de la Riviera-Golf d’Abidjan bondée des plus hautes autorités du pays.

Détournements de fonds publics ou privés :

« Si vous avez détourné des fonds, ne pensez pas que vous avez désobéi à la loi de la République seulement, mais vous avez aussi désobéi aux ordres d’Allah. »

Le faux monnayage :

« Ceux qui fabriquent les faux billets et qui les injectent dans l’économie, non seulement vous déstabilisez l’économie nationale, mais aussi vous attirez la colère d’Allah sur vous.

La manipulation des marchés publics et privés :

« Vous tous et vous toutes qui avez l’autorité de dire oui ou non pour attribuer un marché. Lorsque vous intervenez pour vous attribuer injustement des parts et des pourcentages, sachez que vous avez désobéi non seulement à la loi de la République mais vous avez aussi désobéi gravement aux enseignements d’Allah.

Abus de fonction :

« Vous tous qui avez des fonctions, qui avez des décisions, lorsque vous en a abusé pour avoir un intérêt particulier, vous tombez dans la fraude.

La richesse mal acquise :

« La richesse mal acquise constitue une barrière devant l’acceptation de vos œuvres. Vous prenez l’argent mal acquis, votre richesse, votre argent volé et vous allez à la Mecque. Dieu dit : je ne t’ai pas appelé, je n’accueille pas. Parce que l’argent que tu as pris pour venir n’est pas à toi. Vous prenez l’argent sale, l’argent mal acquis pour faire des sacrifices, en tentant ainsi un blanchiment spirituel de l’argent mal acquis. Parce que vous pensez qu’en volant un milliard, en faisant construire des mosquées et faisant partir des gens à la Mecque pour qu’ils prient pour vous, vous sauvera. Ce n’est pas cela la religion musulmane parce que Dieu n’aime pas le blanchiment d’argent spirituel. Le fait de faire des sacrifices avec l’argent volé ne te rend pas lucide. Dieu n’accepte pas cela. Dieu est pur et n’accepte que les choses pures.

La colère d’Allah :

« Dieu dit, si vous n’arrêtez pas la course à l’enrichissement illicite, sous toutes ces formes, vous recevrez une déclaration de guerre de sa part et de son messager. Imaginez-vous quand Dieu vous déclare la guerre. Personne ne connait les soldats d’Allah. Lui seul le sait. Cela peut se traduire par une maladie, des inondations, des incendies (…) Et, cela peut aussi se traduire par le fait que les cœurs de vos citoyens ne soient plus ensemble. C’est donc une menace grave… »

L’agenda d’Emmanuel Macron sera bien chargé dans les 72 heures à venir. Il recevra à intervalle de 24 heures, ses homologues ivoirien Alassane Ouattara et sénégalais Macky Sall respectivement les 11 et 12 juin prochains.

Alassane Ouattara et Macky Sall peuvent d’estimer heureux d’être les premiers chefs d’Etat africains à rencontrer Emmanuel Macron avant son premier déplacement sur le continent. Ils viennent tous les deux de remporter la compétition, qui ne dit pas son nom, engagée entre les palais présidentiels du continent. Tous veulent être les premiers à le rencontrer. Pour le symbolisme très certainement.

Selon certaines indiscrétions, depuis sa prise de fonction le 13 mai dernier, Emmanuel Macron aurait reçu des dizaines de demandes d’audiences de ses homologues africains.

Au menu de ces deux audiences, le nouveau chef de l’Etat français va certainement dérouler sa feuille de route en matière de coopération avec les ex-colonies, et ce qu’il attend de ses partenaires africains. Une coopération que le candidat d’« En Marche » a souhaité transparente et gagnant-gagnant pendant la campagne présidentielle.

Le jeune président saura-t-il se démarquer de ses prédécesseurs ? Le temps nous le dira. Ce qui est certain, c’est que les sujets épineux seront à l’ordre du jour des échanges. Dans le cas de la Côte d’Ivoire par exemple, la question des mutineries répétitives qui menacent la stabilité du pays, la détention de personnalités clés de l’ancien régime Laurent Gbagbo, les violations des droits de l’Homme, seront inévitablement abordées.

Avec le Sénégalais Macky Sall, les deux chefs d’Etat vont également parler de coopération et ne manqueront pas d’aborder les sujets qui fâchent. Emmanuel Macron cherchera en savoir davantage sur l’incarcération du maire de Dakar, Khalifa Sall. Ce dissident de la majorité présidentielle et probable challenger de Macky Sall est accusé de détournement présumé de fonds publics. Pour ses proches, il s’agit de manœuvres politiques pour écarter le maire de Dakar de la course à la présidentielle de 2019.

Rappelons que la France partage avec la Côte d’Ivoire et le Sénégal, plus de trois siècles de relations amicales denses, et elle est restée proches d’eux depuis leurs indépendances en 1960. C’est donc une histoire commune, une longue tradition de coopération dans tous les domaines, un courant d’échanges humains et matériels constant dans les deux sens qui ont conforté la proximité avec ces deux principaux pays de l’ancienne AOF (Afrique occidentale française).

 Programme prévisionnel des audiences 

 Le Président de la République aura un entretien avec M. Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire à 16h30 dimanche 11 juin au Palais de l’Elysée

16h30 Arrivée du Président de la République de Côte d’Ivoire Accueil par le Président de la République Cour ouverte 
Entretien Pool presse image
17h15  Déclarations conjointes à la presse Presse accréditée

Le Président de la République aura un entretien avec M. Macky Sall, Président de la République du Sénégal, à 9h00 lundi 12 juin au Palais de l’Elysée

9h00 Arrivée du Président de la République du Sénégal Accueil par le Président de la République Cour ouverte
Entretien Pool presse image
Déclaration à la presse Presse accréditée

 

 

 

La 2e édition du forum de la diaspora de Côte d’Ivoire a ouvert ses portes ce lundi 22 mai à l’Hôtel Sofitel d’Abidjan sur l’immigration irrégulière, occasion pour les autorités ivoiriennes de tirer la sonnette d’alarme sur le nombre inquiétant de migrants ivoiriens recensés en Italie.

A ce jour, 13 000 migrants ivoiriens ont été recensés sur les côtes italiennes après la traversée périlleuse par la mer. C’est du moins le chiffre communiqué par le ministère de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’étranger qui n’a toutefois pas donné de chiffres sur le nombre de morts par noyade. Or selon le HCR, 1073 migrants ont déjà péri en mer Méditerranée centrale depuis le début de l’année 2017.

L’ambassadeur en poste en Italie, Mme Mme Janine TAGLIANTE-SARACINO, instruite sur ce drame, a apporté des précisions de taille sur l’ampleur du phénomène qui touche la quasi-totalité des pays africains. Elle a révélé que des mineurs ivoiriens non accompagnés figurent parmi les candidats à l’immigration clandestine. « En 2016, près de 2000 mineurs ivoiriens ont été recueillis par les autorités italiennes », a-t-elle indiqué avant d’inviter les autorités ivoiriennes à se pencher résolument sur cette tragédie.

Un film documentaire « Migrants, retour d’enfer » réalisé par le journaliste Patrick Fandio retrace de façon succincte l’itinéraire cruel de ces migrants venus de Côte d’Ivoire qui paient des fortunes pour réaliser un rêve qui n’est en réalité qu’une illusion. Ce film documenté et émouvant fait également la lumière sur l’organisation autour de ce trafic humain. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la route des candidats à l’Eldorado réserve bien des surprises. En immersion sur le parcours de ces migrants abandonnés à leur triste sort, le réalisateur Patrick Fandio dénonce le traitement inhumain que les passeurs et autres marchands de rêve font subir aux candidats à l’immigration clandestine.

Cette aventure très risquée commence par Niamey au Niger où les migrants ivoiriens transitent avant de poursuivre leur chemin dans le désert marocain et libyen où ils croisent très souvent sur leur chemin des bandes organisées de rebelles ou de djihadistes qui les rançonnent, les torturent et leur tirent dessus comme des animaux.

Après la traversée du désert, commence celle de la mer sur des embarcations de fortune surchargées qui coulent avec leurs passagers sans atteindre les côtes italiennes. En 2016, il y a eu officiellement 5 000 noyades en mer Méditerranée.

Ce Forum est aussi un cadre de réflexion et d’échanges d’expérience qui réunit pendant deux jours de travaux des représentants de la diaspora venus des quatre coins du monde et des experts étrangers. En la matière, la Côte d’Ivoire qui veut faire de sa diaspora la 32e région a du retard à rattraper par rapport à ses voisins. Il a été relevé entre autres l’insuffisance d’une politique incitative de retour d’expérience d’une diaspora ivoirienne jugée en générale qualifiée et donc utile au pays d’origine.

La question de la double nationalité, de la représentativité de la diaspora à l’assemblée nationale, de la facilité d’accès aux logements, de l’accompagnement et de l’assistance à la création d’entreprise, du recrutement des compétences (…) a été évoquée.

Les résolutions de la 2e édition de ce forum de la diaspora ivoirienne sont très attendues au terme des travaux qui ont été ouverts par le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly.

Au cours de sa visite de 48 heures entamée le 16 mai au Burkina Faso, Stéphane Richard, Président Directeur Général d’Orange, a officiellement lancé hier matin, sous le parrainage du Ministre de la santé, le Professeur Nicolas Meda, les activités de la Fondation Orange Burkina Faso qui devient la 16ème Fondation du Groupe.

 La première action a été un don de matériel à l’unité d’hémodialyse du Centre Hospitalier Universitaire Yalgado Ouédraogo de Ouagadougou, seule référence au Burkina Faso pour le traitement de l’insuffisance rénale. Ce matériel, d’une valeur de 115 millions de Francs CFA, composé de 5 générateurs, 5 fauteuils et de 1350 kits de dialyse, viendra soulager l’hôpital Yalgado face à la forte demande de dialyse à laquelle il est confronté. Ce don permettra ainsi d’augmenter la fréquence des dialyses des patients souffrant d’insuffisance rénale, passant de 4 jours par semaine actuellement à 5 jours par semaine, sachant que la moyenne des fréquences de dialyses prescrites est de 2 à 3 séances par semaine.

 A propos du lancement de la fondation Orange au Burkina, Stéphane Richard a déclaré :

« Partout où notre Groupe est engagé, nous œuvrons également pour le bien-être des populations. L’histoire et la culture d’Orange sont en effet celles d’une société citoyenne et responsable, qui met l’humain au cœur de sa philosophie. Il était ainsi naturel pour moi que la Fondation Orange déploie rapidement ses programmes au Burkina Faso. »

 Ben Cheick Haidara, Directeur Général d’Orange Burkina Faso, a souligné quant à lui : «Le Groupe Orange au Burkina n’a pas que des enjeux business ; nous agissons également pour l’égalité des chances en offrant aux Burkinabè ce qui est essentiel pour eux et en participant à la création de conditions de vie meilleures pour eux ».

 La Responsabilité Sociale d’Entreprise est un des socles majeurs de la gouvernance du Groupe Orange. La Fondation Orange soutient ainsi les associations et met en œuvre des actions qui luttent contre l’exclusion et aident les personnes en difficulté, prioritairement les jeunes et les femmes, notamment grâce au numérique. Forte de ses 8000 bénévoles, la Fondation Orange a déjà investi plus de 23 millions d’Euros dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la culture, pour 1.800.000 bénéficiaires dans le monde.

 La Fondation Orange a fêté ses 30 ans le 6 mars dernier.

 A propos de la Fondation Orange

La Fondation Orange est engagée dans trois domaines de mécénat : éducation, santé et culture.

En lien avec le cœur de métier d’Orange, elle souhaite, dans ces trois domaines, mettre le numérique au service des populations tels que les jeunes en difficulté scolaire ou sans qualification, les femmes en situation précaire et les personnes avec autisme afin de leur permettre de mieux s’intégrer dans la société.

La Fondation Orange agit pour que le numérique, devenu essentiel,  soit une chance pour tous. Fondation du numérique solidaire, elle intervient aujourd’hui dans 30 pays avec 8000 salariés engagés.

« Vous rapprocher de l’essentiel »

En savoir plus : www.fondationorange.com

(Source : Service presse de la Fondation Orange)

Après la victoire d’Emmanuel Macron dans un scrutin jugé transparent et apaisé, on ne peut pas s’empêcher de penser au continent africain où les élections présidentielles sont source de conflit et se terminent le plus souvent dans un bain de sang. 

Au soir de la proclamation des résultats du second tour de la présidentielle française, donnant vainqueur le candidat d’« En Marche » Emmanuel Macron, qui a obtenu 66,10 % des suffrages contre 33,90 % pour sa rivale du Front National, Marine Le Pen, il n’y a pas eu la moindre contestation. La perdante, dans un esprit républicain, a aussitôt appelé dans la foulée le vainqueur pour le féliciter comme le veut la tradition française.

Même les partisans de Marine ne sont pas descendus dans les rues pour exprimer une quelconque colère. La défaite a été acceptée par tous et tous se sont conformés au verdict des urnes en respectant le jeu démocratique. Pour se donner bonne conscience, le FN promet tout simplement de prendre sa revanche lors des prochaines législatives prévues les 11 et 18 juin prochains. C’est cela l’esprit d’un grand peuple et d’un grand pays à la tradition démocratique enracinée dans les conscience et reconnue dans le monde entier. Et qui donne ainsi une superbe leçon à bien des pays d’Afrique !

L’on comprend aisément pourquoi la France, à travers les générations de ses dirigeants qui se sont succédés à l’Elysée, s’est toujours offusquée lorsque le « choix légitime » des peuples dans un processus démocratique n’est pas respecté par les ennemis de la démocratie. A ce sujet d’ailleurs, la diplomatie française a toujours été sensible et active lorsque les revendications des peuples pour la reconnaissance de leur choix sont matées dans le sang par des régimes (sanguinaires) prêts à tout pour se maintenir au pouvoir.

D’aucuns pensent même que le pays des Droits de l’Homme, chantre de la Démocratie, est en droit de donner des leçons au reste du monde en matière de démocratie, voire même de s’immiscer dans les affaires intérieures de certains Etats Nations lorsque la vie humaine et la stabilité politique sont ainsi mises ouvertement en péril. Encore plus avec Afrique, et en l’occurrence ses ex-colonies avec lesquelles les liens historiques sont très profonds, ce droit de regard est même revendiqué par les populations, les opposants et la société civile.

La transition est faite. En Afrique, en effet, combien de fois les peuples ont-ils vu leurs victoires électorales volées parce que les dirigeants au pouvoir refuse de céder la place et donc de se soumettre à l’alternance démocratique sans violence ? Combien de fois les constitutions n’ont-elles pas été « tripatouillées » dans le seul but de permettre aux autocrates de se succéder une énième fois à eux-mêmes et de demeurer au pouvoir contre la volonté populaire clairement exprimée dans les urnes ? Que dire du nombre de victimes laissées sur le chemin de l’apprentissage de cette démocratie sur le continent ?

Par moment, on serait tenté de donner raison à ce sage africain qui avait déclaré dans le contexte du retour du pluralisme démocratique sur le continent dans les années 90 que « La démocratie est un luxe pour les Africains ». Juste une façon pour lui de dire que les Africains ne sont pas prêts pour la démocratie et encore moins d’en accepter les règles qui s’imposent.

Les exemples des pays où la démocratie est difficilement acquise, ou même pas tout, sont légion. En la matière, l’Afrique centrale détiendrait à ce jour la palme d’or des régions du continent où la démocratie a vraiment du mal à fonctionner ou du moins à s’implanter. Les dernières élections présidentielles dans la zone Cemac (Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale) sont là pour en témoigner.

Au Gabon par exemple, la présidentielle d’août 2016, qui a vu la réélection d’Ali Bongo Odimba, est toujours contestée par le camp de Jean Ping. Le scrutin a fini par déboucher sur une crise postélectorale s’éternisant et entraînant sur son chemin son lot de victimes innocentes. Et le report aux calendes grecques des élections législatives qui étaient initialement prévues en juillet 2017.

Au Congo Brazzaville, la situation n’est pas davantage reluisante. Le président Denis Sassou Nguesso, qui a réussi par un véritable tour de passe-passe à faire modifier par référendum la loi fondamentale de son pays pour lui donner la légitimité de se représenter à nouveau, a anticipé les élections en mars 2016 et les a naturellement gagnées au mépris de toute règle démocratique. Là-bas aussi, les violences qui ont émaillé le scrutin et la rébellion dans le Pool continuent d’endeuiller les populations.

En Afrique de l’Ouest, en Gambie, la tentative de Yahya Jammeh de se maintenir au pouvoir alors qu’il avait perdu la présidentielle face à son opposant Adama Barrow, a été stoppée nette par la Cédéao qui a déployé ses forces pour le contraindre à abdiquer.

En remontant dans le temps, la Côte d’Ivoire, présentée aujourd’hui comme un des modèles de réussite du continent, est passée aussi par la case d’une démocratie qui a longtemps balbutié. La crise postélectorale de la présidentielle de décembre 2010 avait débouché sur une guerre civile qui a fait officiellement 3 000 morts pour la simple raison que le président vaincu, Laurent Gbagbo, avait refusé de reconnaître sa défaite.

Au Burkina Faso, pays voisin de la Côte d’Ivoire, Blaise Compaoré n’a pas eu le temps de se faire réélire après avoir lui aussi voulu tordre le cou de la Constitution pour se donner le droit de se représenter pour un énième mandat.

Au regard de tous ces cas cités, l’on fait le constat que dans les régions du continent où la démocratie est mise en mal, les pays concernés ne sont pas en paix. Et, indubitablement, le développement n’est pas au rendez-vous.

La France, « qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime », comme disent certains, connaît une démocratie apaisée et exemplaire qui peut et doit servir de modèle aux Etats africains, à commencer par les ex-colonies ayant l’obligation de conscience de tirer les leçons de la décolonisation et des soixante années passées d’indépendance.

C’est au prix d’une véritable démocratie s’inspirant du modèle français que les pays africains changeront de statut et passeront demain de statut de « République bananière » à celui de République tout simplement respectée dans le concert des nations.

Sans surprise, les deux candidats donnés vainqueurs par les sondages sont arrivés en tête du premier tour du scrutin présidentiel français du 23 avril. Emmanuel Macron et Marine Le Pen devront être départagés par les 47 millions d’électeurs au second tour du dimanche 7 mai prochain. 

Il est certain que le scénario du 2e tour de la présidentielle de 2002 qui avait opposé Jacques Chirac à Jean-Marie Le Pen, ne se reproduira pas. Souvenons-nous de la large victoire du président sortant (82,21 %) face au père du Front national (17,79 %) grâce à la mobilisation de la Gauche privée de son champion, le Premier ministre Lionel Jospin battu dès le premier tour, de la société civile et du soutien des autres candidats éliminés.

Le contexte n’est certainement plus le même. Marine Le Pen, candidate de l’extrême droite, s’est qualifiée grâce à un électorat solide qui ne cesse de progresser à chaque échéance électorale. Selon les derniers chiffres, la fille du père a battu son propre record de voix. Les électeurs du FN sont passés de 6 millions à 8 millions. Pour son camp, il y a de bonnes raisons de croire que Marine peut l’emporter au second tour face à Emmanuel Macron.

Inconnu des Français il y a à peine un an, l’ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée et conseiller de François Hollande, devenu  ministre de l’Economie avant de fonder son propre mouvement « En marche » en avril 2016 puis de claquer la porte du gouvernement de Manuel Valls le 30 août dernier et d’annoncer sa candidature, part favori de ce scrutin après sa percée spectaculaire du premier tour. C’est bien lui qui a emporté la mise en réalisant le meilleur score du premier tour avec 23,75 % face à Marine 21,53 %. Le second tour du 7 mai s’annonce donc palpitant. La différence se fera pendant la campagne et lors du traditionnel face-à-face télévisé qui opposera les deux finalistes.

Quant aux réserves de voix, le moins qu’on puisse dire, c’est que chacun en dispose, et peut aussi compter sur les ralliements de raison de dernières minutes.

A l’évidence, au cours des jours à venir, les arguments de campagne restés, un tant soit peu, inaudibles à cause des affaires sales qui ont pollué la campagne du premier tour, vont beaucoup peser pour amener les indécis, les abstentionnistes, les votes blancs, à faire un choix responsable. Ce qui va décupler certainement le taux de participation.

La différence très marquée des deux programmes aussi, va faciliter le choix des Français le 7 mai prochain. Les 47 millions d’électeurs appelés aux urnes devront choisir soit Emmanuel Macron, euro-optimiste convaincu et progressiste proposant un modèle économique social-libéral. Dans le détail, le candidat de « En Marche », veut « investir 50 milliards d’euros et réduire les dépenses publiques de 60 milliards tout en diminuant la pression fiscale sur les entreprises et les ménages de 20 milliards ». Et ce n’est pas tout. Macron veut aussi « ramener le chômage à 7% tout en réduisant le déficit à 1% et en portant la croissance à 1,8% ». Des arguments de campagne qui ont convaincu plus d’un électeur.

En face, son adversaire, Marine Le Pen, eurosceptique et ultranationaliste, propose un modèle économique diamétralement opposé et nostalgique des temps passés. D’ailleurs, son programme économique se situe entre le libéralisme et la protection sociale. Au nombre de ses mesures dont le réalisme se dispute au radicalisme, le rejet de l’immigration et de l’Union européenne demeurent l’ADN du Front National. Elle promet entre autres de redonner à la France « sa souveraineté monétaire », donc de sortir de l’Euro. Elle veut accorder la priorité aux Français notamment pour l’accès à l’emploi et aux logements sociaux. Dans ce même repli identitaire, Marine Le Pen prône le protectionnisme tous azimuts qui se traduira par l’attribution des marchés publics prioritairement aux entreprises françaises. En revanche, elle veut sanctionner par une mesure de taxation injuste les entreprises qui auront le malheur d’embaucher des étrangers.

La décision finale appartient aux Français. C’est à eux de trancher entre deux candidats qui proposent des programmes très clivés aussi bien dans la forme que dans le fond. Au soir du dimanche 7 mai, nous verrons quel président les Français méritent vraiment.

Paris, 19 avril— Le Jury du Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix a décidé de décerner le Prix 2017 à Giuseppina Nicolini, maire de la ville de Lampedusa (Italie), ainsi qu’à l’ONG SOS Méditerranée (France) pour leurs efforts déployés en vue de sauver la vie des réfugiés et des migrants et de les accueillir avec dignité.

« Après l’étude des conditions dans le monde, le Jury du Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix estime que les migrants et les réfugiés constituent de nos jours un enjeu primordial, notamment en Méditerranée où près de 13 000 hommes, femmes et enfants ont péri dans des naufrages depuis 2013 » a déclaré le Président par intérim du Jury Joaquim Chissano, ancien Président du Mozambique.

Depuis qu’elle a été élue maire en 2012, Giuseppina Nicolini est reconnue pour sa grande humanité et son engagement constant dans la gestion de la crise des réfugiés et de leur intégration après l’arrivée de milliers de réfugiés sur les côtes de Lampedusa et ailleurs en Italie.

SOS Méditerranée est une association européenne qui a pour vocation de porter assistance à toute personne en détresse en mer Méditerranée. Depuis le lancement des opérations de sauvetage en février 2016, l’organisation a sauvé plus de 11 000 vies.

Le jury a également appelé la communauté internationale à veiller à ce que la mer Méditerranée redevienne un lieu où la solidarité et le dialogue interculturel dominent et cesse d’être le théâtre de tragédie.

Le Prix Félix Houphouët-Boigny – créé en 1989 et décerné tous les ans par l’UNESCO – se propose d’honorer des personnes, institutions ou organisations qui ont contribué de manière significative à la promotion, à la recherche, à la sauvegarde ou au maintien de la paix, dans le respect de la Charte des Nations Unies et de l’Acte constitutif de l’UNESCO.

Le Prix a déjà été décerné à des personnalités comme le Prédisent français, François Hollande, Nelson Mandela et Frederik W. De Klerk ; Yitzhak Rabin, Shimon Pérès et Yasser Arafat ; le Roi Juan Carlos d’Espagne et l’ancien Président américain, Jimmy Carter.

 

Source : Service presse de l’Unesco

Le groupe Magic System va célébrer ses 20 ans de carrière artistique en musique et en réflexions à travers une tournée africaine dénommée « Magic Tour » sur le thème du réchauffement climatique. 

C’est au siège de France Média Monde à Issy-les-Moulineaux où émettent RFI et France 24 que Salif Traoré dit A’Salfo et ses trois amis, Manadja, Tino et Goudé, ont convié la presse ce mercredi 15 mars pour dévoiler le programme de leur tournée africaine qui va durer environ six mois. Le choix du lieu n’est pas fortuit. C’est, en effet, la radio mondiale, RFI, qui, en 1997, a révélé le groupe venu d’Anoumabo – quartier populaire d’Abidjan (Côte d’Ivoire) – au plan international à travers son titre culte « 1er Gaou« .

Depuis, Magic System enchaîne les succès, glane des prix, des trophée et des disques d’or. Une success story exemplaire que les quatre « Magiciens » veulent partager avec les mélomanes du continent qui les ont vus naître. Aux dires de A’Salfo, pendant les vingt années écoulées,  « nous n’avons pas beaucoup joué en Afrique. » Ce come-back est donc une façon pour Magic System de redonner à l’Afrique ce qu’il a reçu.

Cette tournée baptisée « Magic Tour » les conduira dans quinze pays du continent de juillet à fin décembre 2017 (Côte d’Ivoire, Niger, Gabon, Nigeria, Ghana, Maroc, Guinée, Centrafrique, Cameroun, Tchad, Burkina Faso, Togo, Bénin, Guinée-Equatoriale) où une série de concerts sera donnée ainsi que des conférences sur le réchauffement climatique et ses conséquences sur notre environnement. Annonce faite en présence de quelques représentants diplomatiques en poste à Paris de ces pays.

Dans ce rôle d’éveilleur de conscience, Magic System cite l’ancien président français Jacques Chirac qui déclarait devant l’assemblée générale du IVe Sommet de la terre à Johannesburg en Afrique du Sud en septembre 2002 que « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ».

Pour A’Salfo, il est plus qu’urgent que le continent s’engage véritablement dans la lutte pour la préservation de la planète. A terme, le but de cette tournée « Magic Tour » est de mobiliser et sensibiliser sur les dangers du changement climatique, de s’approprier de la Cop 21, de plaider pour les jeunes en matière de politique de lutte contre le changement climatique, de susciter la création d’emploi vert (…)

A chaque étape de cette tournée dans les capitales des pays retenus, il sera aussi question de reboisement pour restaurer un écosystème en souffrance. De façon symbolique, les quatre « Magiciens » vont planter des arbres pour donner l’exemple aux jeunes.

En ce qui concerne le volet scientifique, le groupe a fait appel à des experts du climat des Nations Unies et des organisations internationales comme l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie) qui l’accompagneront pendant la tournée pour animer les panels et les conférences. Après l’Afrique, Magic System ambitionne de faire une tournée mondiale sur le même thème.

A moins de quarante jours de la fin de son quinquennat, le président français, François Hollande, a échangé avec son homologue ivoirien, Alassane Ouattara, autour d’un déjeuner à l’Elysée ce mercredi 15 mars.  

La visite de travail du chef de l’Etat ivoirien en France, Alassane Ouattara, intervient dans un contexte sociopolitique assez particulier en Côte d’Ivoire. En effet, les mois de janvier et février derniers ont été très agités à Abidjan et dans les provinces. Le pays a été confronté à des mutineries militaires répétées, des grèves du personnel de santé, des agents de l’Etat, des enseignants, des élèves et étudiants (…)

Au menu de ces échanges suivi d’un repas qui ont duré deux bonnes heures (13 h-15 h), la coopération militaire entre les deux pays a été suffisamment abordée. Le président français a confirmé « le soutien de la France aux efforts de la Côte d’Ivoire en matière de restructuration des forces de sécurité, en particulier dans leur préparation au déploiement dans le cadre d’opérations de maintien de la paix des Nations Unies ou de l’Union africaine ».

Neuf cent militaires, l’effectif des Forces Françaises de Côte d’Ivoire (FFCI), sont prépositionnés sur le sol ivoirien. Créées le 1er janvier 2015, les FFCI dont la mission est d’assurer un relais opérationnel sur une zone d’intérêt stratégique, s’inscrit dans « la continuité de l’accord de partenariat de défense de 2012 qui scelle une proximité ancienne entre la France et la Côte-d’Ivoire. Elles constituent l’une des deux bases opérationnelles avancées en Afrique. »

Sur la question du terrorisme, François Hollande a également confirmé que « la France poursuivrait, près d’un an après les attentats de Grand-Bassam, ses actions de formation au profit des forces ivoiriennes compétentes en matière de lutte antiterroriste. »

Au chapitre économique, la dette ivoirienne a été un des sujets des discussions. Le président français s’est félicité de « l’avancement rapide du processus d’annulation et de conversion de la dette ivoirienne, initié en juillet 2012 et qui a permis le financement de nombreux projets dans les secteurs de l’éducation, de la santé, du développement rural, des infrastructures ou encore de la justice et de l’Etat de droit. »

Même satisfecit exprimé par les deux chefs d’Etat au sujet de l’éligibilité de la Côte d’Ivoire aux « crédits européens du Fonds fiduciaire d’urgence en faveur de la stabilité et de la lutte contre les causes profondes de la migration. »

Au cours de ces échanges, la question monétaire a été évoquée. François Hollande « a réaffirmé son ouverture à toutes les propositions que les Etats membres de la zone pourraient formuler » à la prochaine réunion des ministres de la zone franc CFA qui se tiendra en avril à Abidjan. Non sans avoir rappelé que « cette monnaie et cette zone appartenaient aux pays qui la composent. »

Les dossiers internationaux n’ont pas échappé à ces discussions. Le cas du Mali, pays voisin à la Côte d’Ivoire confronté à des mouvements sécessionnistes au nord, a retenu l’attention des deux chefs d’Etat. Hollande et Ouattara ont salué « les avancées que constituent la mise en œuvre des premières patrouilles mixtes entre signataires de l’accord de paix et de réconciliation, mais aussi la mise en place d’autorités intérimaires dans plusieurs des régions du nord du Mali. »

Le Commissaire général du Festival des Musiques Urbaines d’Anoumabo (Femua), Salif Traoré dit A’Salfo, a présenté à la presse, le programme de la 10e édition de ce rendez-vous culturel qui a lieu en Côte d’Ivoire, au siège de l’Unesco à Paris, le jeudi 3 mars dernier.

« L’Afrique, face au défi du réchauffement climatique », c’est ce thème d’actualité qui a été retenu par les organisateurs. A chaque édition, des innovations sont opérées pour apporter de la valeur ajoutée au « festival de référence en Côte d’Ivoire et l’un des meilleurs en Afrique et dans le monde ».

« Le Femua 10 aura bel et bien lieu », a martelé le Commissaire général après l’interruption de l’édition de 2016 consécutive à la mort brutale sur la scène d’Anoumabo du roi de la rumba congolaise, Papa Wemba. Pour congédier ce drame qui a laissé un goût d’inachevé, à l’ouverture du festival, le 24 avril, un méga-concert sera donné pour lui rendre hommage. Son groupe « Viva Musica », l’orchestre qui l’a toujours accompagné, sera au grand complet pour « fermer la parenthèse ». Les « Sapeurs » seront également de la fête pour saluer la mémoire de celui qui fut un des leur. A la demande du groupe Magic System auprès des autorités municipales, la place d’Anoumabo sera baptisée « Place Papa Wemba ».

Le festival va se dérouler sur sept jours et sera marqué par plusieurs étapes. Ainsi, du 24 au 30 avril prochain, il y aura une série de concerts à Abidjan (Marcory-Anoumabo) et à Adiaké, une ville de la province qui accueillera la cérémonie de clôture. Treize artistes de renommée internationale vont se disputer les différentes  scènes prévues au programme. En tête d’affiche, on compte la star malienne, Salif Kéita, l’Ivoirien Tiken Jah Fakoly et le Français, Black M pour ne citer que ces trois.

Le Femua, ce n’est pas que la fête de la musique. On y réfléchit aussi sur les problématiques qui préoccupent le monde. « Cette 10e édition sera pour nous, l’occasion de jouer notre partition dans le défi mondial de ce 21e siècle, à savoir le réchauffement climatique. Ainsi, nous plaçons cette édition sous le thème : L’Afrique, face au défi du réchauffement climatique », a fait savoir le Commissaire général.

Ainsi, il y aura des journées de réflexions sur ce thème, et de sensibilisation de la jeunesse (carrefour de la jeunesse) sur notamment les enjeux du réchauffement climatique et les attitudes citoyennes à adopter pour préserver la planète. La Commission nationale des droits de l’Homme de Côte d’Ivoire (CNDHCI), partenaire institutionnel, va apporter aux débats, des éléments de réponse en matière du droit des citoyens face à ce réchauffement et ses conséquences sur les populations notamment africaines classées parmi les premières victimes dans les décennies à venir.

Les tout-petits (Femua Kids), notamment ceux des orphelinats et des familles les plus défavorisées ne seront pas oubliés. Des activités ludiques et éducatives ont été concoctées pour les occuper. Au volet du sport, il y aura le « Tournoi CEDEAO » de football et un « Cross populaire » qui mobilisera près de 10 000 athlètes.

L’ADN du Femua, c’est avant tout le volet social. « Des projets de grandes envergures, orientés dans l’éducation et la santé ont été réalisés », explique le Commissaire général. A ce jour, le Femua a à son actif la construction de trois écoles dont deux en cours de réalisation. C’est sans compter la réhabilitation d’infrastructures sanitaires dans les quartiers les plus pauvres.

A cette édition de 2017, l’on va procéder à la pose de la première pierre de deux écoles qui seront construites dans deux villes de la province. « Nous avons pris comme résolution d’inaugurer à chaque édition une école. Nous espérons qu’avec l’aide de nos partenaires, nous pourrons offrir davantage d’écoles », promet Salif Traoré.

Côté sécurité et santé, les organisateurs n’ont rien négligé. Des dispositions exceptionnelles ont été prises pour que ce festival qui fait déplacer des foules se déroule dans de très bonnes conditions. Près de 5 000 policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers seront déployés sur les différents sites d’accueil des spectacles ainsi que les Samu et la Croix-Rouge pour contenir et veiller sur les 100 000 festivaliers attendus chaque jour.

Après dix années d’existence, Gaou production et ses partenaires, peuvent se réjouir d’avoir gagné leur pari. Ce qui n’était pas évident au départ de cette aventure culturelle, vu que les contraintes financières, logistiques et humaines se sont démultipliées à chaque édition.

Démarré avec un modeste budget d’à peine 35 mille euros lors de la première édition, aujourd’hui l’organisation de ce festival coûte un peu plus de 1,5 millions d’euros selon les estimations données par son Commissaire général. Heureusement que l’équipe de Gaou Production, maître d’œuvre de cet grand événement festif, sait compter sur ses partenaires financiers, techniques et institutionnels qui l’accompagnent depuis maintenant 10 ans.

Rappelons qu’à cette cérémonie de lancement du Femua 10 à Paris, la Côte d’Ivoire qui accueille ce festival, était représentée par son ambassadeur en France, SEM. Charles Gomis, sa Déléguée permanente auprès de l’Unesco, Mme Denise Houphouët-Boigny et le Directeur général de Côte d’Ivoire Tourisme, Jean-Marie Somet, arrivé spécialement d’Abidjan.